Concert: rencontre avec Émilie Simon

Par  |  Aucun commentaire

Émilie Simon

Être. Pour ton dernier album, tu t’es exilée à New York. Est-ce la perte de repères qui t’a permis de t’ouvrir et d’évoluer musicalement comme l’a montré The Big Machine?

Émilie Simon. Oui, c’est un album directement influencé par ce que j’ai pu vivre en arrivant à New York. La découverte de la ville, de sa culture et les questionnements qui en découlent ont directement influencé l’écriture.

Être. Le choix de l’anglais s’est-il imposé naturellement?

E.S. En fait, pour chaque album, ce sont les morceaux qui décident! Les meilleurs restent sur l’album, ceux qui racontent quelque chose. Il y a une cohérence qui se retrouve à la fin. Ce n’est pas la langue qui décide, c’est plus global. Les morceaux qui exprimaient l’essence de ce que j’avais à dire sur cet album sont arrivés en anglais. Certainement parce que j’ai écrit en habitant à New York et en étant plongée dans cette culture.

Être. La langue française semble toujours moins adaptée pour la musique pop…

E.S. Ça dépend vraiment des morceaux. Sur l’album précédent j’avais Fleur de saison ou Dame de Lotus qui étaient en français et pourtant très pop. C’est vraiment une question d’énergie, de sonorités, d’aspiration et de couleurs. Chaque langue a sa propre musicalité. En fonction de la mélodie que j’écris, ça va appeler plus l’anglais ou plus le français. Un morceau comme Rose hybride de thé est impensable pour moi en anglais, ça n’a rien à voir. Ce ne serait pas du tout intéressant. Et vice versa : je ne vois absolument pas Rainbow en français.

Être. Avec ton dernier album, on a l’impression que tu cherches des sonorités moins électroniques, plus viscérales avec une forte présence de cuivres. Le travail de la voix aussi est différent, avec un mixage qui semble presque live, pris sur le vif…

E.S. Oui, j’ai écrit avec une énergie très spontanée. Je m’interdisais de travailler en détail les sonorités pour éviter de figer les choses et ainsi garder ma spontanéité. L’énergie qui a guidé l’écriture de cet album était très libératrice, j’avais envie de chanter, de remettre la voix au centre et lui laisser plus de place, élaguer dans les détails et favoriser les textures de sons plus tranchants.

Être. Est-ce que tes concerts ont évolué de la même façon que ta musique, avec une formation plus classique, moins électronique?

E.S. C’est très recentré sur ma voix et le piano. Il y a toujours des traitements en temps réel via l’utilisation de machines. Cependant c’est plus épuré dans l’effectif: je fais de nombreux concerts en solo qui sont plus proches de la performance, mais aussi en duo avec un batteur et en trio avec basse et batterie. Ça change en fonction des dates et des concerts, mais c’est vraiment plus épuré que par le passé. Par contre il y a énormément de dynamique sur scène, c’est assez frontal et très direct. Le trio fonctionnant très bien, je n’avais pas envie de rajouter plus de monde.

Être. Quelle relation as-tu avec le Québec?

E.S. Je viens très souvent à Montréal, j’y ai joué de nombreuses fois. J’ai beaucoup d’amis, parmi lesquels certains ont travaillé sur l’album : Vincent Morisset (qui a fait les vidéos interactives et qui travaille avec Arcade Fire), John Londono pour les photos ou encore Jeremy Gara d’Arcade Fire. Bref, j’ai beaucoup de liens avec Montréal. J’aime y passer du temps et mes vacances.
Émilie Simon
Concert le 17 févier à 20h
À l’Astral
305, rue Sainte-Catherine Ouest
Montréal
Renseignements au (514).288.8882
Crédits photo: marcgg