Keith Richards: une vie à part

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Keith Richards

Brute de décoffrage, sans concession et un brin fouteur de merde, Keith Richards passe en revue dans Life une vie où l’excès était la norme. En junkie discipliné, il explique le couplage méthodique héroïne/cocaïne qui l’a fait tenir jusqu’à neuf jours sans dormir. Il revient sur les «Pierres qui roulent», nom saisi dans l’urgence en voyant une pochette de leur idole Muddy Water.

Échanges de coups avec Mick Jagger

Keith Richards, c’est ça, une vie menée dans l’urgence ou trois vies vécues dans une. C’est aussi un cortège de coups pourris dont celui de Mick couchant avec sa compagne, Anita Pallenberg. Salement en colère et méchamment triste, il compose Let it bleed et Gimme Shelter.
À peine rancunier, Keith lui rendra le compliment en batifolant avec sa Marianne Faithfull. L’aiguille passe carrément dans le rouge lors des tournées homériques de 69, 72 et surtout de 75 qui, si elle est l’année du lapin en Chine, est aussi l’année de la coke pour les Rolling Stones.
Une chanson, une ligne … et son fils Marlon (7 ans) qui les prévenait des régulières descentes de flics. Avec Keith, il y a les hauts, les bas et les «très bas» dont le point de non retour a été l’annonce de la mort de son bébé Tara alors qu’il entrait en scène pour jouer Satisfaction.

Infâme et émouvant

Keith rentre se sevrer dans les années 80 et se retrouve en guerre contre Mick qui veut rester «Sa Majesté» dans le groupe. «Mick n’est rien sans les Rolling Stones et moi pas plus», dira Keith.
Souvent direct, parfois infâme et enfoiré mais aussi émouvant, Keith nous sert une vie exquise à lire. Comme Keith aime à le dire en reprenant Fellini : «Je ne veux pas être dans mes films, je veux faire des films».
Life
Keith Richards
Robert Laffont
662 p.
36,95$
Crédits Photo: Thuany Gabriela