Londres : La vie gaie sauce à la menthe

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De Hampstead Heath à Vauxhall en passant par Greenwich et Kensington, Londres est devenu en l’espace de 60 ans une métropole mondiale avec le quasi-plein emploi, un cosmopolitisme authentique et un environnement culturel sans équivalent. Pour tous les touristes gais, l’escale londonienne sera d’un raffinement des plus trash où il ne faudra pas hésiter à s’imposer, aussi bien à Soho qu’à Vauxhall.

Centre historique et cœur battant de Londres, Soho est devenu à mesure de la libéralisation de l’homosexualité dans les années 80 le lieu où toute la communauté LGBT se retrouve pour faire la fête et se divertir. Avec son architecture victorienne et ses nouveaux ensembles ultramodernes, le quartier qui s’étend au sud d’Oxford Street et au nord de Shaftesbury Avenue est un véritable bijou qui a connu un regain inespéré dans les années 90 : boutiques sophistiquées et branchées, pâtisseries délicieuses, restaurants étoilés. Même la très célèbre Carnaby Street n’a pu résister à se débarrasser de ses derniers punks pour faire place aux enseignes multinationales.

Soho ou la mort d’un quartier gai

Mais à mesure que Soho est devenu des plus branchés et le temple de la nuit gaie, il s’est opéré une mutation inattendue du quartier : embourgeoisement, résidentialisation et hétérosexualisation à outrance. En outre, la construction d’un train rapide reliant Heathrow à Strafford pour désengorger la capitale et permettre aux sportifs de rejoindre rapidement le village olympique lors des prochains Jeux en 2012 a nécessité la démolition de deux institutions de Soho : le théâtre Astoria, où la discothèque G.A.Y. avait ses quartiers, et le club Ghetto qui accueillait chaque soir la population la plus bigarrée de la ville.
Le glas du Soho gai a donc sonné. Les derniers bastions menant la résistance sont les pubs de Old Compton Street et le fameux G.A.Y. qui occupent désormais trois lieux dans les environs : le Bar bBefore sur Old Compton St, le Late Bar sur Goslett Yard et la grande discothèque Heaven, en dessous de la gare de Charing Cross sur Villiers Street. À l’est de Soho, se trouve aussi le Den (18 West Central St), où on organise chaque vendredi la célèbre soirée PopStarz, fréquentée essentiellement par les étudiants gais de Bloomsbury. Enfin, coup de cœur pour le Ku Bar situé à Chinatown (30 Lisle St) toujours bondé et offrant une musique diversifiée. L’endroit idéal pour s’amuser et rencontrer des gens.

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Shoreditch et Hackney : un nouveau refuge ?

Située pour sa part sur la rive sud, la zone de Vauxhall a commencé à accueillir un nombre considérable de bars et de clubs gais au tournant des années 90 : Barcode, Area, Fire, Crash, The Royal Vauxhall Tavern ou encore le Eagle. Si à l’origine, il s’agissait de fuir les endroits commerciaux de Soho et de redonner une identité underground à la communauté gaie, Vauxhall s’est pourtant retrouvé en l’espace d’une décennie à être encore plus commercial que le centre-ville (musique uniquement à la mode, soirées et boissons hors de prix, etc.). Au final, la zone est plus que jamais le siège des garçons musclés attirés  par des ambiances chargées de testostérone et des fétichistes en tous genres qui cherchent à mettre plus que du piquant dans leur vie sexuelle.
Néanmoins, depuis plusieurs années, une alternative semble se dessiner contre So-Vau, autour de l’axe Shoreditch–Hackney Road où de petits clubs et pubs attirent une foule à l’avant-garde toute  britannique. C’est le cas notamment du Dalston Superstor (117 Kingsland Hight St) qui organise des soirées pour une faune décalée souhaitant s’amuser tout autant sur Lady Gaga que sur Blondie. Beaucoup plus sages mais tout aussi excentriques,  les pubs The Joiners Arms (116, Hackney Road) et Georges & Dragon (2-4, Hackney Road) attirent les gais du monde de la mode, de la musique et des médias —  l’atmosphère est des plus créatives et, sans aucune doute, plus amicale qu’ailleurs.
Plus qu’aucune autre ville au monde, Londres saura donc faire le bonheur des touristes gais en quête d’expériences multiples et variées. À condition, cependant, qu’ils soient capables d’y laisser aussi quelques plumes. D’ailleurs, pour ceux qui auront encore quelques pounds dans leurs portefeuilles, nous conseillons une journée ou deux à Brighton (40 minutes de train depuis Victoria Station) qui se transforme l’été en station balnéaire pour les gais fuyant le gris de la capitale.
Crédits photo: J.A. Alcaide.

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