Funkytown : décadence et bons sentiments

Par  |  Aucun commentaire

funkytown

Il y a d’abord Bastien (Patrick Huard), cet animateur de radio à la popularité croissante. L’homme est marié, père d’une petite fille, mais passe ses nuits au Starlight, un bar branché du centre-ville, aussi connu que le studio 54. Il fait la rencontre d’Adriana (Sarah Mutch), jeune femme d’une grande beauté aspirant à la célébrité et prête à tout pour y parvenir. Lorsque les deux se lient, c’est la décadence : sexe, drogue et rock & roll.
Il y a aussi Gilles Lefebvre (Raymond Bouchard), homme d’affaires prospère dans l’industrie de la musique et père de Daniel Lefebvre (François Létourneau), le propriétaire du Starlight. La relation entre les deux hommes est tendue puisque le fils baisse toujours la tête devant son père despotique qui de son côté réclame l’autorité des activités. Cette mésentente est observée par Hélène (Sophie Cadieux) qui désapprouve la soumission de Daniel.

Visuellement impressionnant

Il y a encore Mimi (Geneviève Brouillette), ancienne vedette de la chanson en pleine déchéance. Elle est sans emploi, n’a plus un sou et se voit dans l’obligation de travailler dans un restaurant comme serveuse. Il y a enfin Tino (Justin Chatwin), jeune serveur italien qui à l’approche de ses fiançailles va découvrir l’amour homosexuel avec Jonathan (Paul Doucet), riche chroniqueur et proche collaborateur de Bastien.
Visuellement, Funkytown impressionne. On retrouve dans la réalisation (bien dosée entre glamour et quotidien) de Daniel Roby des clins d’œil à Paul Thomas Anderson (Boogie Nights) et à Martin Scorsese (Casino), particulièrement durant la dynamique scène d’introduction du film qui laisse présager de bien belles choses.
La direction artistique est par ailleurs impeccable et l’aspect général du film donne l’impression d’un budget monumental. Le mélange des langues ajoute du réalisme à ce portrait de Montréal. On reconnaît là une caractéristique spécifique à la métropole, celle de passer, dans une même conversation, de l’anglais au français.

[DDET Lire la suite…]

Clichés en pagaille

Il y a cependant un «mais» dans ce film et il est de taille : l’écriture de Steve Galluccio. Son scénario patauge dans les clichés de la descente aux enfers de la vie nocturne. Même si les faits s’inspirent parfois de tragédies réelles, sa façon racoleuse de nous les raconter devient extrêmement convenue. L’abondance de bons sentiments vient aussi déranger les deux longues heures de visionnement. La scène de réconciliation entre Bastien (Huard) et sa fille est ainsi simplement grotesque. Même chose du côté de la révolte du fils Lefebvre envers son méchant papa.
Le talent et la bonne volonté des interprètes ne suffisent pas à nous convaincre. C’est finalement le personnage de Mimi qui a l’évolution la plus intéressante. Après ses échecs répétés pour tenter de retrouver la célébrité par le disco, cette dernière découvre un groupe new wave émergent dont elle deviendra la gérante. On regrette cependant que sa présence soit si limitée dans le scénario.
Funkytown n’est certes pas un échec absolu. Il s’inscrit simplement dans la lignée des films qui, à trop vouloir plaire, tombent dans les clichés d’un cinéma commercial et consensuel.
Funkytown
Un film de Daniel Roby
Sortie le 28 janvier 11
Avec Raymond Bouchard Geneviève Brouillette, Justin Chatwin, Patrick Huard…
Ci-dessous la bande-annonce du film:


[/DDET]