Théâtre – La Belle et la Bête: impression mitigée

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Un homme au visage ravagé et abandonné de (presque) tous erre dans un château, peut-être depuis des millénaires. Sa rencontre avec une belle et jeune artiste, sauvage et torturée va changer le cours de cette malédiction qui semblait devoir le tenir prisonnier pour des siècles. Certes, l’histoire de La Belle et la Bête est (archi)connue. Néanmoins, on était impatient de voir cette version du TNM. Les effets spéciaux prévus pour l’occasion s’annonçaient en effet spectaculaires.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le pari est complètement gagné sur ce point. Les tableaux se succèdent, créant une atmosphère onirique, où surprise et beauté nous captent dès les premières minutes. Qu’il s’agisse du cheval blanc qui guide l’héroïne vers la Bête, de l’orage qui explose, ou encore de ces monstres qui hantent l’imaginaire et la réalité, on ne peut qu’applaudir devant cette mise en scène parfaitement réussie de Michel Lemieux et Victor Pilon.

Trop de mots

Oui mais voilà, il y a un hic, et on peut même dire qu’il prime sur le reste. Tout au long de la pièce, on ne parvient pas à être emporté par l’histoire d’amour. L’émotion n’est pas là. On regarde la représentation, mais rarement on la vit.
Les raisons sont sans doute à aller chercher d’abord dans l’écriture, avec l’impression d’un texte trop présent. Pierre Yves Lemieux, l’auteur, utilise beaucoup de mots (beaucoup trop), pour que ses acteurs montrent leur rage, leur désespoir puis, pour finir, leur amour. On peut en réalité penser que la pièce aurait gagné en force avec plus de simplicité dans les répliques.

Coup de cœur pour Andrée Lachapelle

De là vient peut-être notre déception devant le jeu des deux acteurs principaux. Très intenses dans leur interprétation, ils ne parviennent pas à nous faire croire à leur histoire. Il n’y a sans rien de plus difficile au théâtre que de parler et de faire vivre une histoire d’amour. Cette version de La Belle et la Bête en est la parfaite illustration.
Il serait cependant injuste de finir ainsi sans avoir évoqué notre coup de cœur pour une grande comédienne : Andrée Lachapelle. Tour à tour émouvante, drôle, et effrayante, elle livre ici une interprétation qui, d’un bout à l’autre de la pièce, ravit le spectateur.
La Belle et la Bête
Au Théâtre du nouveau monde (Montréal).
Du 18 janvier au 12 février (supplémentaires les 15 et 16 février).
Mise en scène de Michel Lemieux et Victor Pilon.
Avec Violette Chauveau, Bénédicte Décary, Peter James, Andrée Lachapelle et François Papineau.