«Le monstre doux» : la droite vous salue bien

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Livre sur la droite

Raffaele Simone ne fait pas partie de ces progressistes qui veulent croire à des lendemains qui chantent. Si cette centaine de pages se révèle parfois confuse, «Le Monstre doux. L’Occident vire-t-il à droite» frappe par son portrait sombre de la situation politique en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord. En résumé : le conservatisme a gagné la partie. Circulez, il n’y a rien à voir.
Le linguiste dresse d’abord un portrait de la droite en Occident. Une droite d’un  nouveau genre, qui fait semblant de prôner le bonheur en ayant en réalité d’autres objectifs, bercée par une religiosité obscurantiste. Une droite de plus en plus incarnée par une jeune génération (citons ici David Cameron et même Stephen Harper ou Nicolas Sarkozy) qui préfère à la vraie politique le populisme, faisant appel aux plus bas instincts de ses citoyens.

«Ultracapitalisme»

Pour Raffaele Simone, cette droite n’a qu’un but : l’enrichissement personnel. D’où sa volonté de ne servir que deux dogmes, la bourgeoisie et la consommation. Et l’auteur de parler d’«ultracapitalisme» pour qualifier cette nouvelle ère qui semble aussi implacable et qu’effrayante.
La situation est d’autant plus alarmiste qu’en face, la maison brûle. Raffale Simone parle des horreurs du communisme pour expliquer en premier lieu les errements de la gauche mais – et il le reconnaît lui-même – l’argument est insuffisant. L’écrivain est plus percutant lorsqu’il rappelle que ceux censés incarner les avancées sociales et répondre d’abord aux préoccupations de plus faibles ont abandonné ces franges de la population qui ont fait le succès de la gauche, à commencer par les ouvriers. Ces derniers sont même réduits à adopter des principes bourgeois (le consumérisme) pour exister politiquement et socialement. Un comble.

La jeunesse s’en moque

Autre signe de la chute de la gauche : la «dépolitisation de la jeunesse». Pire encore, lorsque celle-ci s’intéresse au sujet, c’est souvent pour rejoindre les rangs de l’extrême droite ou les révolutionnaires de gauche. Et les socio-démocrates ne semblent pas près d’avoir trouvé la solution, tant leurs grandes idées sont rares, se contentant souvent de déclarer qu’il faut prendre en compte les problèmes des minorités (truisme) dont les GLBT, comme s’il y avait là un programme.
Au final, on pourra toujours penser que le pessimisme de Raffaele Simone est accentué par la situation de son pays, où l’apolitique, populiste, homophobe et amateur de prostituées mineures Silvio Berlusconi règne en maître. À y regarder de plus près pourtant, peut-on citer aujourd’hui un pays d’Occident où la gauche semble avoir de beaux jours devant elle?
Crédits photo: Oxfam International.