Blue Valentine : un amour que le temps dérobe

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Entre présent et passé, le film expose à la fois l’amour naissant et les déchirements cruels d’un couple américain issu de la classe moyenne. Michelle Williams (photo) y est convaincante dans le rôle de Cindy, une secrétaire médicale ayant abandonné ses ambitions de médecine. Ryan Gosling, quant à lui, interprète avec justesse le personnage de Dean, peintre en bâtiment qui a fait de son rôle de père et de mari l’unique but de son existence. L’œuvre de Cianfrance met en scène les petits riens quotidiens qui, lentement, ont raison de l’amour simple et véritable qui unit ce couple.
La signature particulière de Blue Valentine confirme le talent du réalisateur pour le cinéma d’auteur. Plutôt familier avec le style documentaire, il propose ici une œuvre de fiction tournée avec un réalisme étonnant. Pour arriver à ses fins, Cianfrance a privilégié au niveau de l’image une texture chagrinée plutôt qu’une photographie lisse et uniforme. «L’objectif était de donner au film un aspect «viscéral», fidèle au physique et à la jeunesse des personnages», explique le réalisateur qui souhaitait aussi représenter le désespoir des personnages grâce à des plans très serrés, voire étouffants.

Douze ans de gestation

Toute l’esthétique du film est ainsi réglée sur cette idée de réalisme à laquelle les acteurs ont aussi dû adapter leur jeu. Plusieurs scènes ont carrément été improvisées, d’autres ont été tournées en une seule prise afin de conserver le naturel spontané de Williams et de Gosling, qui ont d’ailleurs vécu dans la maison qui a servi au tournage. Des caméras DV leur avaient même été fourni afin qu’ils puissent tourner de «véritables» vidéos de famille.
Il en résulte un film mature et réfléchi, qui réussit à raconter avec beaucoup de justesse l’histoire d’amour du couple en perdition. Derek Cianfrance, qui confie avoir mis douze ans à écrire le film et trouver le financement nécessaire, sait que la longue gestation du projet a porté ses fruits. «Nous avons fait le film que nous voulions faire. Un film adulte, vivant, vibrant», confie le réalisateur. Voilà qui résume bien la simplicité efficace et réaliste de Blue Valentine.