L’incorrigible Margaret Cho débarque à Ottawa

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Margaret Cho a été révélée au grand public américain en 1994 grâce à All-American Girl, une série télévisée «ethnique» dont elle était la vedette. C’est cette expérience plutôt houleuse avec le monde intransigeant de la télé qui l’a amenée à écrire, en 1999, son premier spectacle intitulé I’m The One That I Want, dénonçant les ravages que cause l’intolérance de la société à l’égard de la différence.
Elle a poursuivi sa carrière en créant plusieurs monologues plutôt engagés, notamment Assassin en 2004, inspiré directement de sa tournée State of Emergency. Ce spectacle très politisé suivait les candidats aux élections présidentielles américaines à travers le pays. Une campagne qui aboutira à la réélection de George W. Bush.

L’humour pour «que les gens se sentent mieux»

Voilà plus de 20 ans maintenant que Margaret Cho ne mâche pas ses mots lorsque vient le temps de s’exprimer sur la politique, la religion, la sexualité, l’homophobie ou encore le racisme. Citoyenne américaine d’origine coréenne, féministe, bisexuelle, mariée à un homme avec qui elle vit publiquement une relation ouverte depuis maintenant dix ans, Margaret Cho connaît bien les écueils de la différence.
Son humour tranchant a d’ailleurs toujours été une ruse lui permettant de surmonter la brutalité de la discrimination. «Je veux simplement que les gens se sentent mieux malgré les choses terribles qui leur arrivent, celles auxquelles on doit faire face lorsqu’on est différents. Pour moi, l’humour est le meilleur moyen pour triompher de la haine», confie l’humoriste dont les écrits sont principalement autobiographiques.
C’est en effet dans son quotidien que Margaret Cho dit puiser l’inspiration nécessaire pour écrire les textes qui engendrent sa si grande popularité. «Je me base autant sur mes souvenirs et les circonstances qui ont pu donner lieu à des situations particulières, que sur mes états d’âme de tous les jours. Je tire mon inspiration de ma propre vie et des observations que j’en fais», confie l’artiste, ajoutant que c’est pour elle la meilleure manière d’écrire.

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Libertinage musical

Artiste accomplie, Margaret Cho a récemment plongé dans l’univers de la musique en lançant son premier album, Cho Dependent. Loin de délaisser le milieu de l’humour, elle a plutôt eu envie de relever un défi de taille. «Je voulais combiner la musique et l’humour en beauté, en donnant un sens particulier au projet, du moins à mes yeux», explique-t-elle afin de préciser qu’aucun compromis n’a été fait sur la qualité des créations musicales.
Pour l’aider à réaliser ce nouveau projet, Margaret Cho a fait appel à plusieurs artistes reconnus dont Fiona Appel, Tegan and Sara, Ani DiFranco et Andrew Bird, pour ne nommer que ceux-ci. «Ils m’ont tous tellement appris. Je suis vraiment en admiration devant ces artistes. Nous avons réussi à faire quelque chose de spécial ensemble et je leur en serai éternellement reconnaissante», avoue Cho, dont les deux parents sont également musiciens.

Intervalles comiques entre les morceaux

L’artiste ne s’est pas simplement entourée de prodigieux collaborateurs pour produire ce disque. Elle s’est aussi longuement exercée dans le but de pouvoir chanter harmonieusement des textes intitulés My Puss, Gimme Your Seed ou encore Captain Cameltoe. Margaret Cho admet d’ailleurs avoir ardemment travaillé sa voix avant d’enregistrer l’album. «Pendant que j’apprenais à chanter et à jouer de la guitare, j’ai surmené mes cordes vocales et j’ai dû rester silencieuse pendant deux mois! Ça été terrible, mais ensuite ma voix est revenue et elle était mieux que jamais», se réjouit-elle.
Dans le cadre de la tournée Cho Dependent, l’humoriste réussit à aborder des thèmes sensibles et à susciter la réflexion grâce à des intervalles comiques présentant chaque création musicale. Délaissant quelque peu la sphère politique, les textes sont ici plus introspectifs, quoique toujours aussi provoquants et impudiques. «Cet album et ce spectacle parlent beaucoup de la dépendance en générale, que ce soit la dépendance à quelqu’un ou celle à la drogue, par exemple. C’est une manière de célébrer ces sentiments plutôt sombres avec espoir, joie et humour».
La tournée Cho Dependent s’arrêtera au Centre national des Arts d’Ottawa le 22 janvier. Suite à cela, Margaret Cho enregistrera la deuxième saison de la série télé Drop Dead Diva, avant de poursuivre la création de son prochain disque, The Yellow Album.
Margaret Cho
Cho Dependent
Le 22 janvier 2011, à 20h
Centre national des Arts – Southam Hall
www.margaretcho.com

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