Rencontre avec l’humoriste Guillaume Wagner, «l’enragé sympathique»

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Allez dire que vous allez interviewer Guillaume Wagner et vous pouvez être sûr plusieurs personnes se porteront volontaires pour vous accompagner. Il faut dire que l’humoriste de 26 ans a une gueule qui plaît et une simplicité rafraîchissante. Sans parler d’un humour qui, en l’espace de quelques mois, a su convaincre pas mal de monde un peu partout au Québec.
Parmi les fans, on trouve assurément des gais. L’histoire de Guillaume Wagner avec la communauté a d’ailleurs débuté de manière plutôt drôle : «Les gens croyaient souvent que j’étais gai. Ça ne me gênait pas, je trouvais ça plutôt drôle. Sauf que cela s’accompagnait de pas mal de choses négatives. Je me suis dit qu’il serait plutôt bien de faire un sketch sur l’homophobie pour montrer que, même en affirmant qu’on a aucun problème avec les homos, on est peut-être tous un peu homophobe à des degrés différents».

Quelques problèmes avec les gens de l’industrie

Guillaume Wagner aime bien provoquer, avec un humour grinçant, sarcastique. «Je suis un enragé sympathique», indique-t-il en souriant, lui qui voit le rôle de l’humoriste comme «quelqu’un qui dit «attends une minute et écoute-moi pendant que le consensus se fait». Au risque parfois de déplaire : «Certaines personnes de l’industrie sont même venues me voir lorsque j’ai fait mon sketch sur l’homophobie. Elles n’aimaient par que je dise que parfois j’ai honte des hétéros. Par contre, elles ne voyaient aucun problème à ce que j’imite le gai de manière stéréotypée.»
«Rebelle», le jeune homme l’a toujours été, dès l’école – «tout ce système entouré d’autorité n’était pas fait pour moi», insiste-t-il. C’est presque au bluff qu’il s’est finalement lancé dans une carrière d’humoriste. Bien lui en a pris : après un passage à l’École du nationale de l’humour, sa première participation à Juste pour rire en 2007 lui apporte la notoriété nécessaire pour commencer une carrière.
Cette notoriété lui permet notamment de collaborer régulièrement à l’émission Un gars le soir à V. On le retrouvera aussi en 2011 dans Les 5 prochains, une idée originale de Guillaume Wagner lui-même, où l’on suit le parcours de cinq humoristes en début de carrière.

«Les enfants sont naturellement méchants»

Depuis quelques années, le talent de Guillaume Wagner a aussi été remarqué par Jasmin Roy : «En 2009, il cherchait un hétéro pour les Gaydailles. On lui a parlé de moi et il a trouvé que c’était une bonne idée. Je suis revenu cette année. J’ai fait un petit numéro autour d’un hétéro que tout le monde pense gai. Ça a plutôt bien fonctionné».
L’entente avec l’animateur semble en tout cas bien réelle. Guillaume Wagner n’a pas hésité lorsque Jasmin Roy lui a demandé de participer aux capsules web qui accompagnent le lancement de sa fondation contre l’homophobie en milieu scolaire (voir notre article page 16).
«Je suis vraiment sensible aux questions qui touchent à l’intimidation à l’école, explique-t-il On entend souvent dire que les enfants savent bien qu’il ne faut pas être méchants, qu’ils ne doivent pas prononcer des paroles homophobes, etc. C’est faux. Les enfants sont naturellement méchants (rire). Mais une fois qu’on leur explique clairement les choses, c’est bon. Si ma participation peut faire changer ne serait-ce qu’un seul de mes fans, j’en serai ravi».

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