La «taupe» de WikiLeaks serait un homosexuel mal dans sa peau

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On le sait maintenant, le site internet Wikileaks a obtenu quelque 250.000 notes diplomatiques du département d’État, permettant au grand public de connaître de nombreuses informations que beaucoup auraient voulu garder confidentielles. Reste à savoir comment de telles fuites ont pu avoir lieu.
Les soupçons se portent aujourd’hui sur un jeune soldat américain de 23 ans. Bradley Manning a été arrêté en mai après la diffusion par WikiLeaks d’une vidéo montrant une bavure de l’armée américaine en Irak. Mais il aurait aussi fait sortir des documents confidentiels sur la guerre en Afghanistan. Il aurait été dénoncé par un ancien pirate informatique, Adrian Lamo, connu notamment pour ses «attaques» contre Microsoft et Yahoo. Lors d’échanges électroniques, Manning aurait affirmé à Lamo avoir communiqué des documents de l’armée américaine et des dizaines de milliers de notes diplomatiques confidentielles.

Enfance marquée par l’homophobie

Ce natif de l’Oklahoma (sud des États-Unis) a vécu une enfance difficile, subissant les quolibets de ses camarades, notamment du fait de son homosexualité. Son père le jette même à la rue. En 2007, il rejoint les rangs de l’armée, sur les conseils d’un ami gai. Direction l’Irak.
Sur place, le jeune homme découvre la dureté du traitement infligé aux homos dans l’armée américaine, notamment à cause de la loi «Don’t ask, Don’t tell» (Ne rien demander, ne rien dire), qui oblige les gais et lesbiennes à taire leur orientation, sous peine de devoir être forcé de quitter l’armée. La vie sociale de Bradley Manning équivaut alors à un usage permanent d’internet et des réseaux sociaux.
En tant qu’analyste de renseignements, il pouvait accèder à un nombre très important de données par l’intermédiaire d”un réseau protégé, le SIPRNet (Secret Internet Protocol Router Network). Ce système devait permettre, à la base, un meilleur partage des informations entre les différentes branches du gouvernement américain.

La preuve que le «Don’t ask, don’t tell» est néfaste ?

Pour certains de ses proches interrogés il y a quelques mois par la presse américaine, Bradley Manning pourrait avoir été motivé par «son désespoir de se faire accepter». Dans sa correspondance, le jeune soldat explique lui avoir «vu des arrangements politiques quasiment criminels (…) Des choses incroyables, horribles, qui doivent tomber dans le domaine public, et ne pas rester dans un serveur rangé dans une cave à Washington (…)».
Du côté du monde LGBT, on estime que cette histoire montre parfaitement que la loi Don’t ask, don’t tell est néfaste et doit être abrogée. Pour les conservateurs, c’est en revanche la preuves que les homosexuels sont une «bombe à retardement» pour l’armée. Barack Obama «met en danger la vie de soldats américains» et risque de «mener les États-Unis à la défaite» et à de nouveaux attentats, en voulant abroger cette loi, affirme par exemple le polémiste Cliff Kincaid.