Damián Siqueiros à la Galerie SAS : réflexion sur l’identité

Par  |  Aucun commentaire

Damian Siqueiros

Oui, depuis quelques mois, Damián Siqueiros travaille régulièrement avec nous – y compris dans le présent numéro. Toutefois, notre article n’a rien à voir avec de la publicité gratuite pour un collaborateur. Non, il s’agit de mettre en valeur l’incontestable talent de cet artiste.
C’est du reste pour cette raison que la Galerie SAS lui permet d’exposer certaines de ses œuvres pendant plus d’un mois. Les visiteurs pourront y admirer une dizaine de photographies.

Mexique, Islande, Espagne, France, Canada…

Ce n’est pas la première fois que Damián Siqueiros travaille avec la Galerie SAS : une collaboration fructueuse a vu le jour l’an passé pour le Festival Montréal en lumière. Il ne s’agit pas non plus de la première exposition pour cet artiste déjà honoré dans son pays d’origine.
Avant même de venir au Canada, voilà un an et demi, le jeune homme avait beaucoup voyagé. Islande, Espagne, France, États-Unis… Parfois par amour – il est d’aileurs marié à un Québécois –, mais surtout pour apprendre, pour s’inspirer de différentes cultures. Il voue une grande admiration à la peinture de la Renaissance : « L’expression esthétique y est une sorte d’extase religieuse, une catharsis. L’émotion qui s’en dégage me touche énormément », explique-t-il.
En plus de ses cours à l’université de Mexico ou à Paris, il y a eu aussi, très vite, des contrats avec des noms prestigieux : Vogue, Elle, Beautiful Magazine. L’artiste rit encore de l’étonnement de ses clients qui voyaient arriver un jeune d’une vingtaine d’années, alors qu’une seconde auparavant ils s’imaginaient travailler avec un homme dans la quarantaine ayant déjà roulé sa bosse.

[DDET Lire la suite…]

Interroger plutôt qu’asséner sa vérité

Ces dernières années, Damián Siqueiros s’est penché sur la question de l’identité. C’est ce thème que l’on retrouve au cœur de son exposition de la Galerie SAS : « J’aime questionner l’autre sur sa propre construction en tant que personne. Selon moi, celle-ci est très liée à la religion, que l’on se sente ou non concerné par cette dernière », raconte l’artiste. Il cite la manière dont la plupart d’entre nous considèrent la famille : « Pour beaucoup de gens, il faut absolument avoir un enfant. C’est totalement faux. Par exemple, je considère que mon mari et moi formons une vraie famille ».
La question du genre fait aussi partie de sa réflexion, lui qui vient d’un pays où les stéréotypes ont la vie dure et qui voit dès lors l’artiste comme «devant être forcément engagé». Les photos de son exposition présentent des hommes aux traits féminins et des femmes assez masculines. « Je veux que les gens se posent des questions, réfléchissent à leurs automatismes quand ils pensent. Néanmoins, je ne veux pas asséner une vérité, il s’agit plutôt d’interroger», indique Damián Siqueiros. D’où des œuvres qui apparaissent classiques dans leur forme, pour faciliter l’approche des visiteurs et mieux les amener ensuite à pousser leur réflexion.
S’il avait l’habitude, ces derniers temps, de rester un an ou deux tout au plus dans chaque pays, Damián Siqueiros devrait demeurer encore un bon moment au Canada – «je suis fatigué de tout recommencer chaque fois», dit-il avec le sourire.
L’artiste a trouvé ici la possibilité de travailler avec un peu de sérénité, lui qui perçoit son métier comme une épreuve. «D’une part, la subjectivité peut amener les gens à détester votre travail et à aller jusqu’à ne pas vous considérer comme un artiste. C’est comme si on disait d’un mauvais médecin qu’il n’était pas médecin ! D’autre part, il y a les problèmes d’argent, surtout quand on est jeune, il est difficile d’avoir un poste important grâce à son art».
Damián Siqueiros a eu la chance de voir son talent reconnu très tôt. L’exposition de la Galerie SAS confirme cette réussite amplement méritée.
Damián Siqueiros
La vie comme une performance
Jusqu’au 11 décembre 2010
Galerie SAS
72, rue Sainte-Catherine Ouest suite 416
Montréal (Québec) Canada H3B 1A2
514.878.3409

[/DDET]