L’indécence

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Charest-indécence

Celui-ci avait confirmé l’existence de pratiques électorales illégales. Cela laissait apparaître l’évidence d’un système de collusion et d’infiltration des milieux criminels entre autres dans le domaine de la construction, système qui siphonne depuis des années des milliards de fonds publics au profit d’intérêts privés, dans certains cas d’intérêts criminels.
Depuis, peu à peu, le portrait de ce système crapuleux se brosse, comme dans un spectacle d’effeuilleuse. Compagnies qui utilisent des prête-noms pour favoriser le parti au pouvoir, enveloppes d’argent venues d’on ne sait trop où pour soudoyer des candidats et gagner des campagnes électorales, pressions d’intérêts privés pour placer ses «élus»…

Évidemment pas surpris

Ces magouilles érigées en système visent à obtenir par favoritisme de juteux contrats avec la complicité d’élus qui nous disent qu’ils ne sont au courant de rien, que la police va faire enquête, etc., etc. et qui s’empêtrent de plus en plus dans leurs mensonges et contradictions.
On connait les affinités du gouvernement libéral avec la plupart des administrations municipales éclaboussées par ces scandales, de l’administration Tremblay à Montréal à celle du maire Vaillancourt à Laval. Nous ne sommes évidemment pas surpris qu’il cherche par tous les moyens, et contre l’avis et l’intérêt de la vaste majorité de la population, à éviter que le striptease se termine en nu intégral où les électeurs seraient à même de voir ce qui se cache derrière le paravent de la respectabilité de nos leaders politiques.
Évidemment, le gouvernement Charest préfère se cacher derrière les enquêtes policières qui requièrent pour une mise en accusation sérieuse une preuve hors de tout doute raisonnable… dans un milieu caractérisé par les manigances occultes. Tout comme le faisait le gouvernement Chrétien alors qu’éclatait au grand jour le scandale des commandites.

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Les organismes GLBT, eux, ont besoin d’argent…

Pendant ce temps, depuis les révélations des journalistes d’enquête sur la collusion, le coût des contrats de travaux d’infrastructures publiques a mystérieusement baissé faisant profiter les contribuables de centaines de millions de dollars d’économies. Selon les experts, cela ne va pas durer à moins qu’un ménage en profondeur ne soit fait.
Tout ceci nous aide à mieux comprendre comment, pendant que les uns empochent des centaines de millions par des manœuvres illégales, les autres se font dire qu’il n’y a pas d’argent pour eux, tout aussi légitimes soient leurs demandes. Notamment les organismes communautaires GLBT, les itinérants de plus en plus nombreux dans nos rues, les organismes pour sidéens et tant d’autres qui pourraient faire des merveilles avec ces millions et répondre à des besoins sociaux urgents et de première nécessité.
Pour ceux-là, ceux qui ne peuvent remettre à des personnes influentes d’épaisses enveloppes d’argent, il n’y a jamais que des miettes. Et on nous parle alors de l’«état lamentable» des finances publiques en nous invitant à nous en remettre à la charité publique.

Pas une situation inévitable

Personne ne me fera croire que nos élus ne savaient pas. Même si je ne participe pas à ces cercles de magouilleurs, il y a plusieurs années un attaché d’un député du Village m’avait avoué candidement que le milieu municipal était le plus corrompu parce que la loi sur le financement des partis politiques ne s’y appliquait pas. Si un attaché politique le sait, imaginez les élus, eux qui se trouvent au cœur de tous ces enjeux! À moins d’être idiots, et il faut quand même une certaine intelligence pour se trouver là où ils sont, tout au moins ils s’en doutaient et ils auraient dû être vigilants… À moins qu’ils aient fermé les yeux ou pire encore couvert et profité de toutes ces magouilles.
Je ne crois pas néanmoins que ce soit une situation inévitable dans des lieux de pouvoir, que tous nos politiciens et politiciennes soient corrompus. Tous n’y vont pas pour leur gloriole personnelle ou une retraite dorée. Plusieurs y vont par conviction sincère. On ne fera pas croire par exemple que les députés du Bloc Québécois qui n’accèderont jamais au pouvoir à Ottawa, y sont purement par intérêt personnel. Ou encore qu’un Amir Khadir qui pourrait faire une carrière confortable comme médecin, s’engage en politique pour en tirer quelque avantage personnel que ce soit.
À nous maintenant, citoyens et citoyennes, d’exiger des comptes, au grand jour avec une commission d’enquête. D’exiger la démission et le départ des politiciens corrompus. Et surtout de prendre la vie démocratique en main, en nous impliquant là où nous sommes pour les causes qui nous tiennent à cœur. Et en choisissant après mûres réflexions les hommes et les femmes qui sauront le mieux répondre à nos attentes, tant individuelles que collectives. Voilà comment à mes yeux nous pouvons sortir de l’indécence.

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