Réseau pédophile démantelé: UN ANCIEN MILITANT GAI À LA TÊTE DU RÉSEAU

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André Faivre, un ancien militant bien en vue de la communauté gaie, aurait été à la tête du réseau pédophile démantelé par la Sûreté du Québec en janvier dans le cadre de l’opération Malaise. Il est actuellement détenu et il fait l’objet des plus lourdes accusations dans le cadre de cette opération : d’avoir rendu accessible, distribuer, posséder, produire, accéder de la pornographie juvénile, d’avoir conseillé une infraction qui n’est pas commise, de posséder une arme à feu sans être titulaire d’un permis l’y autorisant et d’avoir entreposé une arme à feu de façon négligente.
Selon La Presse, André Faivre, 67 ans, était le fil conducteur entre certains des 13 suspects. La police aurait d’abord appris que M. Faivre aurait lancé un forum de discussion secret sur l’internet, dans lequel d’autres des individus arrêtés auraient échangé, en se racontant leurs expériences sexuelles avec des enfants et en se conseillant sur les tactiques à employer et sur les lieux à fréquenter pour abuser de mineurs. C’est en le contactant que l’agent double de la police qui se faisait passer pour un pédophile, aurait infiltré le réseau, d’abord en envoyant des courriels à M. Faivre, en se faisant passer pour un pédophile qui en était à ses premières armes, à la recherche de conseils. Il aurait ainsi gagné peu à peu sa confiance et André Faivre aurait accepté de le rencontrer. Les deux hommes se seraient vus à quelques reprises, et M. Faivre aurait ensuite mis en contact l’agent double avec certains des autres membres du réseau, que le policier aurait également rencontrés par la suite. Les rencontres, au cours desquelles des propos explicites auraient été tenus, auraient eu lieu dans des endroits publics, dont des parcs.
André Faivre était aussi président, secrétaire et trésorier de l’association Les Amis de toutes les minorités sexuelles qui gérait le site minoritessexuelles.org, organisme à but non-lucratif dissoute par la Cour le 18 février dernier dans la foulée de cette opération. Faivre avait mis en ligne en 2009 un site web www.homosexualites.net où il faisait état de son intérêt et de son implication auprès des pédophiles et pédérastes, une cause dans laquelle il disait vouloir s’engager, présentant les pédophiles et pédérastes comme une minorité sexuelle au même titre que les gais, lesbiennes, bisexuels et trans, utilisant même l’acronyme LGBTP, une minorité victime des derniers tabous à ses yeux.
Faivre avait commencé à s’impliquer dans la communauté gaie à la fin des années 1980. Il avait alors été président du club de cuir Baron, puis président-fondateur de l’Association des motocyclistes gais du Québec (AMGQ) en 1989. C’est à ce titre qu’il s’était impliqué en 1989 dans la mise sur pied de la Coalition des organismes des minorités sexuelles du Montréal métropolitain, organisme remplacé en 1993 par la Table de concertation des lesbiennes et des gais du Montréal métropolitain. Suite à la dissolution de cette coalition au début des années 1990, son CV fait déjà état de son implication dans un groupe de discussion sur la pédophilie et la pédérastie. À la fin des années 1990, André Faivre s’était impliqué dans le Comité du Village de la Chambre de commerce gaie du Québec où il s’était occupé tout particulièrement du dossier de la sécurité dans le Village.
Au cours de son implication, Faivre avait été invité à de nombreuses reprises à faire des interventions et de la formation dans le cadre d’activités de sensibilisation des services policiers. Ses activités professionnelles le mettaient en contact régulièrement avec de jeunes garçons mineurs et divers groupes de jeunes marginalisés (prostitués, toxicomanes, itinérants) , une clientèle à laquelle il s’intéressait tout particulièrement.

Le colocataire d’André Faivre, Simon Brochu, 34 ans, a aussi été accusé d’avoir accédé, d’avoir rendu accessible, distribué et possédé de la pornographie juvénile. Les treize accusés sont tous des hommes, âgés de 28 à 74 ans, principalement de Montréal, mais aussi de diverses régions du Québec. La Sûreté du Québec n’a pas voulu divulguer si cette pornographie juvénile n’était que masculine ou si elle comprenait des enfants des deux sexes de façon à ne pas nuire à l’enquête.

Refus de répondre

Jacques Beausoleil, un militant depuis 30 ans dans la communauté gaie, ancien président de l’Association des pères gais de Montréal, ancien animateur du GDM, impliqué plus récemment dans l’Association des lesbiennes et gais sur Internet (ALGI) , qui a travaillé de près avec André Faivre au sein de la Coalition des organismes des minorités sexuelles de Montréal depuis la fin des années 1980, a refusé de répondre à nos questions comme à celles de tous les journalistes invoquant le subjudice entourant cette affaire. Coéditeur avec André Faivre du site www.homosexualites.net et vice-président des Amis de toutes les minorités sexuelles, association dissoute le 18 février par la Cour et opérant aussi sous les noms LGBTPP… ETC. et Les amis des minorités sexuelles taboues, il ne fait l’objet d’aucune accusation.

Monsieur Beausoleil assume à ce jour la présidence de l’organisme Minorités affectives et sexuelles sans frontières, un organisme créé, explique-t-il, dans la foulée de son travail au sein du comité de solidarité internationale de l’ALGI, pour venir en aide aux personnes persécutées en raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre à travers le monde. L’association qui compte huit membres, hommes et femmes, sur son conseil d’adminsitration dont André Faivre qui agit comme secrétaire, est actuellement inopérante vu l’état de santé de M. Beausoleil maintenant âgé de 81 ans ce que devrait confirmer la prochaine réunion du conseil d’administration.

Liste des accusés:

André FAIVRE 67 ans, Montréal • Rendre accessible, distribuer, posséder, produire, accéder de la pornographie juvénile • Conseiller une infraction qui n’est pas commises • Posséder une arme à feu sans être titulaire d’un permis l’y autorisant • Entreposer une arme à feu de façon négligente
Kenneth JODOIN, 40 ans, Montréal • Rendre accessible, produire, distribuer, posséder et accéder de la pornographie juvénile
Patrick CHARBONNEAU, 36 ans, Montréal • Accéder et posséder de la pornographie juvénile
Francis PERRON, 46 ans, Bécancour • Rendre accessible, distribuer, produire, posséder de la pornographie juvénile

Jean-Marc ST-HILAIRE, 66 ans, St-Eustache • Rendre accessible, distribuer, posséder, produire, accéder à de la pornographie juvénile • Conseiller une infraction qui n’est pas commises
Vincent RODRIGUE, 39 ans, Centre de détention Bordeaux • Rendre accessible, distribuer, produire, posséder, accéder à de la pornographie juvénile
Roger LEPAGE, 74 ans,  Lévis • Rendre accessible, distribuer, produire, posséder, accéder à de la pornographie juvénile • Conseiller une infraction qui n’est pas commise
Jonathan ST-PIERRE, 28 ans, Trois-Rivières • Accéder, rendre accessible, posséder, produire et distribuer de la pornographie juvénile
Claude PAQUETTE, 31 ans, Montréal • Accéder, rendre accessible, posséder, distribuer et produire de la pornographie juvénile
Didier CHETELAT, 27 ans, Montréal • Accéder, rendre accessible, posséder, distribuer et produire de la pornographie juvénile.
Simon BROCHU, 34 ans,  Montréal • Accéder, rendre accessible, distribuer et posséder de la pornographie juvénile
David BOUCHER, 31 ans, Montréal • Posséder et accéder à de la pornographie juvénile
Dave TURCOTTE, 36 ans Mont-St-Hilaire • Voyeurisme • Rendu accessible matériel voyeurisme • accéder à de la pornographie juvénile

La Sûreté du Québec invite le public à transmettre toute information sur ces individus, de façon confidentielle, à la Centrale de l’information criminelle de la Sûreté du Québec au 1 800 659-4264. Les photos des accusés sont consultables en ligne sur le site de la SQ à l’adresse http://www.sq.gouv.qc.ca/actualites/2016/2016-02-10_001_suspects.pdf