Pédophilie au Collège Notre-Dame: un document accablant mis en ligne

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C’est un document ô combien important que les internautes ont pu lire ces dernières heures. La lettre a été écrite par Émile Perrin. Cet avocat a travaillé pendant 24 ans pour la Province canadienne de la congrégation de Sainte-Croix, institution dont des membres sont accusés de pédophilie par d’anciens élèves du collège Notre-Dame, à Montréal.

«J’ai fermé les yeux pendant si longtemps»

Émile Perrin a écrit cette lettre en juin 2006 alors qu’il n’exerçait plus pour la congrégation. Elle est adressée à Wilson Kennedy, un ancien frère de Sainte-Croix qui a choisi de quitter la communauté religieuse en 2007.
«J’ai fermé les yeux pendant si longtemps sur tellement de choses, tu me pardonneras si je trouve cela difficile de les ouvrir aussi grand», lui explique-t-il. L’ancien avocat donne le nom d’une dizaine d’enseignants du collège Notre-Dame soupçonnés de pédophilie. Il parle par ailleurs d’un professeur du collège de Saint-Césaire, en Montérégie, où les frères de Sainte-Croix ont aussi enseigné.

«Menteurs, drogués ou maîtres-chanteurs»

Émile Perrin était un pion essentiel dans le système mis en place par les religieux. C’est lui notamment qui négociait avec les parents lorsque ceux-ci voulaient porter l’affaire devant les tribunaux. Selon lui, l’institution a versé 250 000$ à un homme qui affirmait avoir été agressé sexuellement par trois religieux, au début des années 80. Dans la lettre il qualifie certaines des victimes «de menteurs, de drogués ou des maîtres-chanteurs».
En mars 2009, Robert Cornerlier, frère d’une victime aujourd’hui décédée a déposé une demande de recours collectif contre la Congrégation des Frères de Sainte-Croix et le Collège Notre-Dame. Elle concerne aussi le collège Saint-Césaire. La demande sera examinée le 13 décembre.
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