Une forme de vie: Amélie Nothomb et son admirateur obèse

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portrait Nothomb

«Ce matin-là, je reçus une lettre d’un genre nouveau». Ainsi commence le dernier roman d’Amélie Nothomb. Cette missive, c’est celle de Melvin Mapple, soldat américain posté en Irak depuis plusieurs années. Particularité : entre les premiers combats et le début de sa correspondance avec l’écrivaine, il a pris une bonne centaine de kilos. Cette obésité se retrouve au centre de la correspondance où se mélangent humour, mélancolie, rêves et mensonges.

Humour et émotion

Amélie Nothomb nous plonge ici dans le monde pour le moins étrange des relations entre l’artiste /l’intellectuel et ses admirateurs. On y trouve, comme on peut s’y attendre, la folie douce et le désespoir des derniers, mais également les doutes, l’ambigüité et peut-être le même désespoir chez Amélie Nothomb. La romancière y apparaît vulnérable et humble, le tout empreint d’une vraie sincérité.
Si on ne retrouve pas dans Une forme de vie la magie rencontrée dans Stupeurs et tremblements, Mercure ou Ni d’Ève ni d’Adam, le style toujours alerte, drôle et acide d’Amélie Nothomb nous fait lire l’ouvrage d’une traite. On est surtout surpris du degré d’émotion que l’on peut ressentir à la lecture de certains passages lorsque se dévoilent Melvin Mapple et sa correspondante.
Une forme de vie
Amélie Nothomb
Albin Michel
169 pages
24,95$
Crédits photo: Liratouva2