Robin Williams: de grands fous rire au milieu de la peine

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Alors que le monde entier annonçait sa mort, à ÊTRE magazine nous voulions faire différemment et rendre hommage à un artiste drôle, très drôle, sensible, immensément talentueux et émouvant.

Robin Williams était une star parmi beaucoup dans l’histoire du cinéma de ces quatre dernières décennies, mais c’était aussi un acteur doué, capable de passer du rire aux larmes avec un naturel et une énergie vibrante et communicative.

Il y a un rôle qui a marqué chacun de nous, que ce soit Peter Pan, le génie d’Aladdin, le professeur du cercle des poètes, l’animateur radio pendant la guerre du Vietnam, le fou de la fable de Fisher King, la nounou Doubtfire, le médecin de l’Éveil, le Docteur Patch et même le gai excentrique de The Birdcage.
Car Robin a toujours été proche de la communauté gaie et LGBT. Il a souvent soutenu la cause et avait participé à de nombreuses manifestations pour lutter contre l’homophobie.

En reprenant le rôle créé par Michel Serrault dans La Cage aux Folles pour une version hollywoodienne, il avait reçu le prix de la meilleure performance comique et du meilleur duo (avec Nathan Lane) aux MTV Awards pour The Birdcage (La cage de ma Tante) en 1997.

Au milieu des années 90, il avait accepté d’interpréter le rôle du politicien homosexuel Harvey Milk dans la biographie du réalisateur Gus Van Sant, mais trop de désaccords avec la production avait fait annuler le projet, qui fût finalement réalisé en 2008 avec Sean Penn.

On peut voir un peu partout dans la presse les détails scabreux de son décès, les spéculations sur les causes de son suicide, les questions, réponses et analyses sur son désespoir alors qu’il était censé tout avoir !
Je garderai la distance à sa vie privée et surtout l’admiration que nous avions pour le comédien et l’homme public généreux et humaniste.
Nous n’avons ni parcouru son chemin, ni vécu ses expériences pour nous mettre à sa place et juger de ses derniers instants.
Il était un grand acteur, mieux un véritable artiste aux multiples qualités.

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Débutant à la télévision après des études de sciences politiques puis de théâtre, son humour est très vite remarquée et il reçoit déjà un Golden Globe pour un de ses premiers rôles dans la série Mork and Mindy en 1978.

Le cinéma fera alors appel à ses talents. D’ailleurs, on a tendance a vite oublié les excellents films et prestations qu’il a joué à ses débuts comme Le Monde selon Garp et Popeye.

Cinq ans plus tard, il deviendra la star que nous connaissons tous avec Good Morning Vietnam, suivront Le Cercle des Poètes Disparus ; L’Éveil ; The Fisher King ; Hook ou La Revanche du Capitaine Crochet ; Madame Doubtfire ; Jumanji ; The Birdcage ; Jack ; Aladdin ; Good Will Hunting ; Docteur Patch ; L’Homme Bicentenaire ; Intelligence Artificielle ; Happy Feet et La Nuit au Musée.

Si certains de ces rôles furent moins bien accueillis par la critique et/ou le spectateur, je reste encore bouleversé par l’amour et l’émotion qu’il portait dans Au Delà de nos Rêves, et son côté sombre était incroyablement efficace et révélateur de l’étendu de son talent dans Photo Obsession, Final Cut et surtout Insomnia.

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Ces dernières années, nous l’avons plus souvent vu dans des seconds rôles pour des comédies sympathiques où il gardait toujours ce plaisir communicatif de jouer.

Ils donnaient aussi des One Man Show très populaires aux Etats-Unis avec des blagues qui ne faisaient pas dans la dentelle :

« On a eu des cambrioleurs gay la nuit dernière. Ils sont rentrés et ils ont refait la déco… »

« Ne commencez jamais de combat avec un moche. Il n’a rien à perdre. »

« Dieu a donné aux hommes un cerveau et un pénis, mais malheureusement pas assez de sang pour faire fonctionner les deux en même temps. »

« Politique, du latin « poli » qui veut dire beaucoup, et « tiques » qui signifie créatures qui te sucent le sang. »

« Si les femmes dirigeaient le monde il n’y aurait plus de guerres. Juste des négociations très tendues tous les 28 jours… »

« Je me demande ce que les chaises pensent : « Pfff encore un autre trou du cul… » »

Robin McLaurin Williams, né le 21 juillet 1951 à Chicago, est mort le 11 août 2014 à Tiburon, en Californie. Il avait 63 ans.

La seule chose qui nous reste à faire est d’avoir une pensée pour sa famille, et nous souvenir de lui avec tout ce qu’il nous a laissé : une belle palette de plaisirs et d’émotions pour nos décennies à venir.
Merci monsieur Robin Williams.

(crédits photos: source_61mg.com  et Pinterest (images titre)/ Rolling Stone magazine et Flickr/ Flickr et Robin Williams in the When Grown Men Cry collection by Sam Taylor-Wood)