Michael Sam, héros de sport gai tant que ça ne se voit pas

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Michael Sam a brisé bien des tabous en étant le footballeur afro-américain, ouvertement gai, à être recruté par l’équipe de football américain des St. Louis Rams. Mais un simple baiser a mis le feu aux poudres.

Michael_Sam_Wikipedia

Deux mois et demi après la signature en faveur des Nets de Brooklyn du basketteur Jason Collins, premier sportif ouvertement gai à évoluer dans une ligue majeure américaine, Michael Sam (24 ans) s’est vu ouvrir un contrat de la part des St. Louis Rams, franchise de la toute puissante NFL (ligue nord-américaine de football américain). Une vraie révolution dans un sport de gros bras réputé pour son machisme. Les St Louis Rams, vainqueurs du Super Bowl en 1999 mais seulement 4es de leur division cette saison, qui ont décidé de lui ouvrir leurs portes. «C’est un jour historique pour la NFL et les Rams. Dans notre monde riche en diversités, nous sommes fiers d’offrir à Michael la chance de faire carrière en NFL», a expliqué Jeff Fisher, le manager général de la franchise.

Filmé chez lui par les caméras d’ESPN, Micheal Sam n’a pu retenir ses larmes au moment où il a appris la bonne nouvelle, avant d’enlacer et d’embrasser son compagnon.

L’information a vite dépassé le cadre du sport et a pris une dimension politique, comme l’a relaté le Figaro en France, le Huffington Post et la presse internationale, après le communiqué envoyé à la presse américaine par le président américain Barack Obama : «Des terrains de sport aux conseils d’administration, les jeunes lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres américains prouvent chaque jour que vous devez être jugés au regard de ce que vous faites et non de qui vous êtes.»

Si la nouvelle a été saluée par certains joueurs et par des associations comme Human Rights Campaign, elle a également été moins bien accueillie par d’autres, à l’image du quarterback de Texas Case McCoy, lançant sur Twitter un «ESPN… Vous êtes sérieux ?», ou Don Jones « OMG » (« oh mon dieu ! »), ou d’autre encore comme « Je ne regarderai pas ESPN jusqu’à la fin du reportage sur Michael Sam. C’est dégueu. Je ne vais pas essayer de mater deux mecs s’embrasser dans une émission de sport. »

Avant même son recrutement par les Rams, Sam avait signé un contrat de partenariat avec les cartes de crédit Visa. La NFL, dont le grand patron, Roger Goodell, avait espéré que Sam soit recruté par une équipe, espère aussi profiter de son arrivée pour changer son image brouillée par des affaires de violences en tout genre commises par certains de ses joueurs et par l’absence d’entraîneurs noirs.

Sur son site, et lors des rediffusions dans la journée, la chaîne américaine a retiré la scène du baiser du reportage. Un article du Slate parle du sujet (et plus largement, du rapport compliqué des homosexuels au baiser public) :

« Ces réactions posent une question intéressante : est-il possible de soutenir les droits des homosexuels tout en étant dégoûtés par eux ? D’un point de vue rationnel, être embarrassé par un baiser entre personnes du même sexe semble trahir une sorte d’homophobie soft. »

Le sport devient tolérant et ouvert aux gais du moment qu’ils ne montrent rien ?