L’Université Trinity Western contre la communauté LGBT

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Le Barreau de la Nouvelle-Écosse acceptera les futurs avocats formés à l’Université Trinity Western de la Colombie-Britannique à partir de 2016, mais seulement si l’établissement ultra-chrétien change ses règles.

En effet, les valeurs imposées par cette université sont jugées homophobes et soulèvent des questions quant à la capacité de ces futurs avocats à bien défendre les droits et libertés canadiennes. Les étudiants doivent signer un code de conduite leur interdisant d’avoir des rapports sexuels et tout comportement qui violent le caractère sacré du mariage entre hommes et femmes, sous peine d’expulsion.

L’association des étudiants en droit gais et lesbiennes de l’Université du Nouveau-Brunswick estime que les valeurs canadiennes, incluant le respect des minorités sexuelles, doivent être reflétées dans le système légal, et que ces futurs avocats pourraient être moins enclins à défendre les droits de la communauté gaie, lesbienne, bisexuelle et transgenre.

Si le gouvernement, le ministre de l’Enseignement supérieur de Colombie-Britannique et la Fédération des ordres professionnels de juristes du Canada ont approuvé la création de cette faculté de droit chrétienne en décembre 2013, le Barreau du Haut-Canada a rejeté l’accréditation de l’Université le 24 avril 2014, à 28 contre 21, en raison de son code de conduite antimariage gai. Ses futurs diplômés en droit ne pourront donc pas pratiquer en Ontario. Mais le 25 avril, le Barreau de la Nouvelle-Écosse a décidé d’accorder une attestation conditionnelle à l’établissement chrétien, seulement si l’institution modifie son code de conduite.

Bob Kuhn, président de l’Université Trinity Western, entend bien poursuivre son projet jusqu’au bout quelque soit le résultat, dénoncant les décisions des deux barreaux qu’il juge contraire à la liberté de religion. Il envisage donc d’éventuels recours en justice.

De son côté, l’avocat criminaliste Michael Mulligan, de Victoria (qui s’était aussi élevé contre la décision du barreau de la Colombie-Britannique à reconnaître la Faculté de droit de l’université chrétienne) a affirmé que l’Université Trinity Western violait le principe fondamental du serment d’avocat avec ses valeurs «perçues presque universellement comme étant discriminatoires et inappropriées». Michael Mulligan tente depuis de faire invalider l’accréditation.Il a réussi à recueillir plus des 5% de signatures des membres requis pour tenir une réunion générale spéciale afin de réviser cette décision le 22 juin prochain à Vancouver.

La Société du Barreau du Nouveau-Brunswick, quant à elle, se prononcera le 27 juin.