Bernard Drainville à propos de la Charte: UN CHOIX DE SOCIÉTÉ IMPORTANT

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André Gagnon

Bernard Drainville était en pleine tournée médiatique lundi 31 mars pour rappeler l’importance d’élire un gouvernement péquiste majoritaire à tous ceux et celles qui souhaitent l’adoption d’une Charte de la laïcité.

Il s’est dit tout d’abord heureux de voir que la communauté LGBT ne s’était pas laissée entrainer contre le projet de charte. « « La laïcité comme vous l’avez rappelé est la meilleure garantie pour assurer vos droits. Historiquement, les hiérarchies religieuses se sont opposées à l’égalité hommes- femmes. Ces establishments  ont combattu l’accès à l’égalité des GLBT.  De vouloir s’assurer que l’État soit neutre d’un point de vue religieux est la meilleure façon de protéger vos droits.  Je persiste et signe : ça prend une charte de la laïcité.’’ Lance le père de la Charte d’entrée de jeu. 

‘’Je reprends l’exemple donné par Michelle Blanc en Commission parlementaire : comment un jeune homme qui est exclu de sa famille pour des motifs religieux pourrait-il se sentir à l’aise de faire appel à un employé de l’État affichant sa foi en la religion de la communauté qui l’a rejeté? C’est le lien de confiance entre ce jeune et l’État qui est remis en question.’’ Explique-t-il.

‘’Pour ça, il faut une vraie Charte, pas un quart de charte comme propose Québec Solidaire qui se limite aux policiers ou aux juges, une laïcité à temps partiel. L’État, c’est pas juste les postes de police, les palais de justice et les prisons. C’est pas juste ça, voyons donc!  Si l’État est neutre, c’est pas un quart ou un tiers de  laïcité qu’il faut, c’est l’ensemble des représentants de l’État qu’il faut qu’ils le soient, c’est l’ensemble des représentants de l’État qui doivent être neutres.’’ Poursuit-il avec conviction.

‘’Si on veut une vraie laïcité, il faut voter pour Daniel Breton, Sylvie Legault, Carole Poirier, Agnès Maltais, pour Louise Mailloux. Voter pour Manon Massé, Amir Khadir ou Françoise David, c’est voter contre la laïcité. On est face à un choix fondamental. L’État doit être neutre sur tous les plans. On ne peut pas se limiter aux prisons. Il y a pas mal plus de possibilités qu’une personne LGBT ait recours aux services de santé que d’aller en prison. Il faut que les gens aient à l’esprit que c’est un vote historique, c’est un choix de société, un rendez-vous important.’’

Et Bernard Drainville inscrit la Charte dans la foulée de tous les changements législatifs qui ont marqué l’avancement des droits LGBT. ‘’Ce sont des gouvernements du Parti Québécois qui ont ajouté l’orientation sexuelle comme interdit de discrimination dans la Charte québécoise, qui ont reconnu les couples de même sexe, qui ont adopté la loi sur l’union civile et les nouvelles règles de filiation. Là, c’est une autre bataille importante.’’

‘’Il faut que la communauté LGBT envoie des députés qui sont pour la laïcité. Des gens comme Manon Massé sont contre la Charte, il faut le dire et le redire.’’

À ceux et celles qui lient la question de la charte à la lutte contre l’intégrisme, le ministre rappelle : ‘’ L’intégrisme est présent, il faut mettre un mur devant et ce mur, c’est une vraie charte de la laïcité. La laïcité est une garantie de l’égalité des personnes peu importe leur sexe, leur orientation sexuelle, leur origine, leur religion, etc. Elle assure la neutralité de l’État. On prévoit aussi comme le suggérait Fatima Houda-Pépin  la création d’un Centre de recherches sur les crimes d’honneur et les intégrismes. On a repris cette idée car c’est une bonne idée.  Il faut lutter contre les intégrismes car ce que veulent les intégristes, c’est un État religieux.’’

Et à propos de la nouvelle du jour qui veut que le PQ protègerait la Charte contre toute contestation devant les tribunaux en invoquant la clause nonobstant, le ministre confirme :

‘’Si on se rend compte qu’il y a une contestation massive, on aura recours à la clause dérogatoire pour la protéger. Et on ne fera pas en cela différemment de Robert Bourassa qui était un vrai Québécois nationaliste et qui y a eu recours sur la question de la langue d’affichage.’’