L’ex-bloquiste controversée Suzanne Tremblay appuiera Québec solidaire

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L’ancienne députée bloquiste de Rimouski, Suzanne Tremblay, a annoncé son appui à Québec Solidaire pour l’élection du 7 avril. Mme Tremblay a fait connaître sa position lors d’un point de presse à laquelle assistait Amir Khadir, jeudi matin. L’ancienne enseignante a expliqué qu’elle s’oppose au virage du PQ vers la droite politique et qu’elle condamne la décision du PQ de parachuter le candidat Harold LeBel dans la circonscription contre un leader étudiant.

«C’est un immense honneur de vous présenter un appui remarquable que Québec solidaire reçoit d’une femme qui a dit qu’elle veut voter avec cohérence et sagesse, des éléments qu’elle retrouve chez nous, s’est réjoui Amir Khadir. C’est une femme de défi et une féministe aguerrie qui a contribué à la justice sociale, comme indépendantiste engagée.»

Expliquant sa décision, Suzanne Tremblay a dit avoir muri sa décision. «Ce qui me déçoit du Parti québécois, c’est la manière inacceptable dont les militants ont été traités dans Rimouski, pour le choix du candidat», a-t-elle déclaré en conférence de presse

«On nous a imposé un parachuté qui a passé une bonne partie de sa carrière au service du PQ, à Québec, a-t-elle ajouté. Je pense que ce serait difficile pour lui d’être au service des électeurs. J’ai réfléchi longuement avant de prendre cette décision. Je l’assume pleinement. J’invite tous ceux qui en ont un peu assez, comme moi, du virage à droite du PQ, à appuyer Marie-Neige Besner lors du scrutin pour qu’elle devienne la députée de Rimouski. »

Marie-Neige Besner affronte notamment Harold Lebel du Parti québécois, Pierre Huot du Parti libéral et Steven Fleurent de la Coalition avenir Québec… dont les fesses ont beaucoup attiré l’attention.

Suzanne Tremblay ne digère pas non plus que le PQ ait fait appel à la candidature de Pierre-Karl Péladeau.

«L’ex-syndicaliste que je suis ne peut pas accepter qu’on donne autant de place à une personne qui a imposé 14 «lock-outs» dans ses entreprises, qui a mis son monde dehors pendant deux ans et qui n’a pas respecté les conditions de travail que son père avait établi, parce que ça l’empêchait de faire beaucoup d’argent, a-t-elle dit. Si PKP s’installe à l’Assemblée nationale, je me demande bien comment le gouvernement péquiste pourra procéder à la refonte du Code du travail, avec un employeur comme lui dans les parages.»

Une féministe… hétérosexiste?

Si l’ancienne députée a été qualifiée de féministe par Québec Solidaire, elle soufflait plutôt le chaud et le froid en public à la fin de son dernier mandat comme députée bloquiste juste avant la redéfinition du mariage. Selon Gaétan Gauthier, ex-président du Regroupement des gais et lesbiennes de l’est du Québec, qui a participé avec elle à un débat sur la question, Suzanne Tremblay était en fait opposée au mariage gai.

Elle déclarait d’ailleurs de façon assez ambigüe lors de ce débat : ‘’À mon humble avis, les adversaires du mariage gai ont perdu la bataille juridique. Sauront-ils trouver les moyens de gagner la prochaine manche qui ne peut se gagner que par des arguments liés aux croyances, aux valeurs religieuses ou éducatives, à la pédagogie de la foi, à la spiritualité.

Dorénavant, la loi qui prévaudra n’est pas celle que souhaitaient les autorités des différentes confessions religieuses, surtout celles qui jusqu’à tout récemment réussissaient à imposer à la société leur façon de concevoir la vie.’’

Elle déplorait aussi que les députées ‘’so(ie)nt soumis aux pressions de leur parti politique respectif.’’

‘’ Le gouvernement est minoritaire, expliquait-elle. Ça change la donne. Légiférer en faveur du mariage gai a été une promesse ou un enjeu électoral pour 3 des 4 partis politiques, alors que le PCC a été le seul à prendre l’engagement de légiférer pour maintenir la définition traditionnelle du mariage. Le vote sur le projet de loi concernant la définition juridique du mariage devra livrer la marchandise. Autrement, lors des prochaines élections, il pourrait y avoir des représailles pour les partis politiques qui ne le feront pas. Imaginez un seul instant que la loi ne soit pas entérinée par la Chambre des Communes par une ou quelques voix, et que le BQ soit montré du doigt comme responsable de ce résultat. Pensez que le village gai est situé dans la circonscription électorale de Gilles Duceppe, le chef du BQ. Je laisse à votre imagination le soin d’élaborer ce qui entre en jeu dans la décision…

« Même si tous les députéEs, à l’exception des ministres, se font dire que le vote est libre … il y a eu, il y a et il y aura des pressions, peut-être du «tordage de bras» dans un clan ou l’autre, jusqu’à la toute dernière minute. Cette décision relative au mariage gai est un enjeu politique majeur pour tous les partis. Le députéE qui voudra exprimer sa dissidence aura besoin d’une force exceptionnelle, car les autorités politiques de son parti ne voudront sans doute pas courir le risque d’avoir à payer un prix trop élevé pour un «vote libre» assumé par une ou un de ses membres.’’

Après son retrait de la vie politique en 2004, Suzanne Tremblay fut remplacée par la députée bloquiste Louise Thibault qui s’opposera au mariage gai et quittera les rangs  du Bloc Québécois en 2007.

 

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