Jour un de la campagne électorale au Québec

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Je suis bien content que Pauline Marois ait déclenché des élections. Je pense qu’elle a bien raison de parler de blocage. Quand l’Assemblée nationale est bloquée par des partis de centre-droit et de droite comme le PLQ et la CAQ qui comptent sur une majorité de sièges, ça ne correspond pas au Québec que je connais. Quand on est même incapable d’adopter une loi pour renforcer la Charte de la langue française ou une Charte de la laïcité qui ait un minimum de cohérence, vaut mieux aller en élections et cesser de se soumettre à cette situation qui laisse la majorité au centre-droit, pour ne pas dire à la droite.

Je souhaiterais certes un gouvernement qui ait plus d’audace que ce que peut nous donner la présente campagne.  En matière économique, les suites de la crise financière de 2008, du printemps étudiant qui a rejeté la logique néo-libérale, devraient nous amener à une grande remise en question des politiques économiques. Québec  Solidaire a soulevé avec raison ces dernières années un débat sur la démocratie économique. Comment notre démocratie peut-elle avancer quand tous les leviers économiques se concentrent de plus en plus entre quelques mains. La Commission Charbonneau nous démontre comment cette concentration pervertit toute velléité démocratique.

Même chose pour l’environnement.  Il faut de façon impérieuse revoir notre modèle de société axé sur la consommation ad nauseam et miser sur des ressources renouvelables. Il y a certes plus d’avenir à développer nos énergies vertes que de perpétuer notre dépendance au pétrole largement reliée au tout à l’automobile dans un pays, dans un Québec qui a tout pour s’offrir des transports collectifs des plus performants.

Sortir de la logique libérale (et néo-libérale), ça veut aussi dire sortir de la logique où on n’a que des droits. Une démocratie véritable doit équilibrer les droits et les devoirs de chaque citoyen.

Toutes ces questions posent aussi notre avenir comme nation. Comment pouvons-nous avancer  dans un cadre ‘national’ où le leadership sera toujours plus entre les mains d’une autre nation dont le conservatisme est historique et de plus en plus désespérant. L’expérience du gouvernement Harper finira-telle pour nous ouvrir définitivement les yeux?

Je souhaite certainement un gouvernement qui soutienne davantage la lutte contre l’homophobie au-delà des mesures symboliques. D’un gouvernement qui assume véritablement ses responsabilités face aux lourds problèmes sociaux autour de la question de l’itinérance.

En ce début de campagne électorale, je trouve assez pathétique de voir l’opp0sition officielle reprendre la même recette électorale qu’elle nous sert depuis 40 ans : elle va s’occuper des ‘ vraies affaires’, l’économie et la santé, et dire un gros NON à la séparation. Pathétique de voir M. Couillard dire des absurdités, du genre qu’on n’a jamais vu un gouvernement autant diviser le Québec… Non mais, je rêve? Il y a moins de deux ans, un gouvernement libéral a préféré voir le Québec en quasi-état de guerre civile que de reculer sur une hausse des frais de scolarité… et M. Couillard nous parle des divisions que causent le débat sur la laïcité??? L’anti-émeute sépare –t-elle les opposants dans ce débat à coup de gaz lacrymogènes et de bombes assourdissantes?

Quant à la deuxième opposition, toujours la même logique de comptable : il faut diminuer les taxes et impôts. Et si les plus riches faisaient leur juste part, M. Legault? Ont-ils besoin de baisses de taxes ceux qui envoient leur argent dans les paradis fiscaux?

Pathétique aussi de voir une certaine gauche qui affrontait la droite libérale il y a moins de deux ans, faire maintenant front commun avec celle-ci pour défendre la pôvre liberté de religion menacée dans le débat sur la laïcité, alors que pour la première fois la question du sexisme et l’homophobie religieuses est abordée de front dans notre société.  C’est bien simple : on ne voit plus la différence dans ce débat entre Hélène et Françoise David. Il y a quelque chose qui cloche, non?

Il faut s’assurer que cette campagne électorale nous serve à sortir de ces ornières. À nous de jouer maintenant.