Québec: Si j’avais les ailes d’un ange…

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Steve Biron Québec

 

Le Festival d’Été de Québec est une excellente occasion de redécouvrir la ville qui a donné naissance à notre identité. En marchant dans les rues du Vieux-Québec, on marche sur les pas des pionniers qui ont donné naissance à cette nation. Fondée par Samuel de Champlain comme poste de traite en 1608, la colonie s’est d’abord développée autour de l’Habitation, puis dans les premières rues tracées autour de la Place Royale au cœur du Vieux-Port actuel. Restauré au début des années 1970, cet arrondissement historique nous replonge dans la capitale de la Nouvelle-France à la fin du XVIIe siècle, au siècle du Roi-Soleil dont le buste orne la place. Comme descendant d’un des premiers marchands de Québec, Mathurin Gagnon, dont la résidence et magasin se trouvaient sur le site actuel du parc du Sault-au-Matelot ou Parc de l’Unesco, c’est pour moi renouer avec l’histoire de notre enracinement dans ce pays que de marcher sur les pavés de ces lieux historiques. C’est à quelques pas de la Place Royale que se trouvent chaque année le site principal des Fêtes de la Nouvelle-France qui font revivre la vie des Québécoises et Québécois à l’époque coloniale française.

Dans le Vieux-Port, il ne faut pas manquer de visiter le Musée de la Civilisation. C’est votre dernière chance cet été de visiter l’exposition consacrée à Michel Tremblay, notre grand dramaturge et romancier. À quelques pas, l’ancienne Caserne Dalhousie est le lieu de création d’Ex-machina la compagnie de Robert Lepage. Ce sera aussi cet été la dernière occasion de voir son célèbre Moulin à Images, une création multimédia projeté sur les silos du Bassin Louise. Le quartier compte de nombreux établissements homosympas dont le restaurant Le Marie-Clarisse ouvert par Serge Bruyère lui-même au pied de l’escalier Casse-cou sur la pittoresque rue du Petit-Champlain.

En montant vers la Haute-ville, on découvre les divers éléments de fortification qui ont fait de Québec la seule ville encore fortifiée en Amérique du Nord. C’est ce quartier emmuré qu’on appelle communément le Vieux-Québec. Le Château Frontenac, hôtel datant de la fin du  XIXe siècle, se dresse au-dessus de la Place Royale, au bout de la terrasse Dufferin qui se prolonge jusqu’à la Citadelle au sommet du Cap-aux-Diamants. La terrasse offre une promenade romantique aux amoureux avec sa vue spectaculaire sur toute la région qui permet aisément de comprendre pourquoi les fondateurs de Québec avaient choisi cet emplacement stratégique pour établir la colonie qui allait devenir la capitale de la Nouvelle-France, du Bas-Canada et enfin du Québec.

La vie gaie a depuis longtemps pris racine dans le Vieux-Québec. Le Sauna-hôtel Hippocampe, rue Mac Mahon, le plus vieil établissement gai toujours en opération au Québec, où furent tournées des scènes du film Le Confessionnal de Robert Lepage, célèbre cette année ses 40 ans. Son propriétaire, Yvon Pépin, avait d’abord été tenancier de plusieurs bars gais dans le Vieux-Québec à l’époque où l’homosexualité se vivait toujours dans la quasi-clandestinité.

Le Faubourg Saint-Jean-Baptiste au cœur de la vie gaie

L’un des plus anciens faubourgs de Québec, construit autour la rue Saint-Jean qui mène par la porte du même nom jusqu’au centre du Vieux-Québec, le faubourg Saint-Jean-Baptiste est au cœur de la vie gaie et lesbienne de Québec. Ce n’est pas à proprement parlé un quartier gai, mais c’est dans ce quartier que se concentre depuis plus de quarante ans la vie GLBT qui s’est développé au grand jour depuis la décriminalisation de l’homosexualité.

La présence de la communauté gaie y est moins visible qu’il y a une dizaine d’années à l’époque où le quartier comptait cinq bars et discothèques s’adressant à une clientèle gaie ou lesbienne, des commerces érotiques et un sauna. Le  faubourg demeure toutefois le principal pôle de vie gaie avec le complexe Le Drague sur la rue Saint-Augustin, son cabaret, son pub, sa zone fétichiste, sa discothèque et sa terrasse l’été.  Le Drague est couru depuis des décennies pour ses spectacles de personnificateurs féminins. À l’autre bout de la rue Saint-Jean, le complexe regroupant le Sauna 225, le club ForHom et la Galerie DomaHom est un autre lieu de rencontre qui a valeur d’institution.

La rue D’Aiguillon, parallèle et au nord de la  rue Saint-Jean,  fut longtemps considérée l’axe de la prostitution masculine à Québec. Le quartier compte plusieurs commerces de tout type  et établissements homosympas, souvent tenus par des gais. Durant la fin de semaine de la Fête du Travail au début septembre, le quartier accueille la Fête Arc-en-ciel, le principal événement GLBT de la capitale avec ses terrasses, spectacles et vente-trottoir sur les rues Saint-Jean et Saint-Augustin. D’autres spectacles sont alors aussi organisés à la Place d’Youville devant la Porte Saint-Jean.

André Gagnon