LÉGENDAIRE ISLE-AUX-COUDRES

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Explorée par Jacques Cartier lors de son deuxième voyage en Amérique du Nord en 1535, l’Isle-aux -Coudres doit son nom  aux noisetiers que l’explorateur trouva sur cette ile au milieu de l’estuaire alors appelés en vieux français ‘couldres’.

Cette île en face de Baie-Saint-Paul fut longtemps une simple halte pour les navires. Avant que les premiers colons ne s’y installent, l’endroit servait de cimetière pour les navigateurs qui voulaient enterrer des membres de leur équipage, décédés au cours des longs voyages.

C’est vers 1720 que les premières familles s’installent dans l’île. Vivant d’agriculture et de la pêche, ces paysans devaient trouver tous les moyens pour subvenir à leurs besoins. C’est pour cette raison qu’ils apprirent à naviguer sur le fleuve douze mois par année. Au XXe siècle les habitants développèrent le cabotage qui diversifia leur économie. De plus, avec la beauté du paysage, l’industrie touristique connut un essor marquant.

Toujours séparée du continent, l’Isle a su préserver cette double tradition maritime et agricole du pays charlevoisien. Aujourd’hui, l’hospitalité proverbiale des « Marsouins », ne se dément pas et les vacanciers sont toujours heureux de retrouver cet accueil chaleureux. Les Marsouins, c’est le surnom amical donné à ses habitants qui témoigne de l’histoire maritime de l’ile où on pratiquait la pêche aux marsouins (bélugas).

On accède à l’Isle-aux-Coudres à partir de Saint-Joseph-de-la-Rive, gratuitement en une quinzaine de minutes, via un traversier. Trois villages se trouvent sur l’île : Saint-Bernard, Saint-Louis et La Baleine. La route qui ceinture l’île, particulièrement agréable à parcourir à vélo, fait environ 26 kilomètres. Offrant de nombreux points de vue sur le fleuve et la rive voisine, elle est ponctuée de panonceaux sur lesquels on peut lire des textes d’intérêt concernant les différents aspects naturels et culturels de l’île.

L’Isle-aux-Coudres a beaucoup à vous offrir : des événements des plus originaux, un réseau d’hébergement qui saura répondre à toutes les demandes ainsi qu’une multitude d’activités de plein air, culturelles ou d’agrotourisme. À vous de vous laisser bercer par la vague de vos vacances.

Une île à découvrir

L’Isle-aux-Coudres possède une histoire maritime des plus captivantes. En 2010, lors du 475ième anniversaire du passage de Jacques Cartier, on a inauguré le  Parc Jacques-Cartier.  Vous y trouverez, juste à l’ouest du quai, un espace relaxant d’où vous pourrez regarder la navigation du Saint-Laurent en compagnie de Cartier lui-même, représenté par une œuvre du sculpteur charlevoisien  Martin Brisson. Vous trouverez aussi sur le site, la croix identifiant le cimetière des français, lieu où les navigateurs rendaient un dernier hommage à leurs morts.

Le musée Les voitures d’eau construit en 1973 par le Capitaine Éloi Perron, qui célèbre ses 40 ans cette année, fait découvrir aux visiteurs l’histoire de la navigation sur le Saint-Laurent. On y retrouve une goélette, le Mont-Saint-Louis, parmi une des dernières goélettes authentiques qui ait navigué sur le fleuve et où l’on peut monter à bord pour en découvrir ces secrets.

Témoin de la riche tradition agricole tricentenaire de ce coin de pays, le site des Moulins de l’Isle-aux-Coudres vaut le détour. Il réunit en un seul lieu un moulin à eau (1825) et un moulin à vent (1836), admirablement restaurés. Visitez les deux moulins et la maison du meunier et voyez moudre le blé et le sarrasin comme autrefois, avec de véritables meules en pierre. Des visites guidées ou autonomes vous sont offertes. Un tout nouveau bâtiment d’accueil vous offre également des ateliers éducatifs, une exposition permanente des oeuvres d’Alfred Desgagnés et une salle de diffusion de films et de documents visuels.

De l’autre côté de l’ile, près de la traverse, les vergers et la cidrerie Pedneault perpétuent une tradition qui remonte à l’époque coloniale française où la culture de la pomme permit la production du premier alcool du pays, le cidre. Le premier pommier aurait été planté à Québec vers 1617 par Louis Hébert, considéré comme le premier colon de la Nouvelle-France. Comme bon nombre des premiers colons français sont des Normands, ceux-ci apportent avec eux le savoir-faire cidricole. Rapidement d’importants vergers se développeront autour de Québec et  dans les régions environnantes. []

En 1918, grâce à un octroi gouvernemental, la famille Pedneault plantait les 300 premiers arbres fruitiers sur sa terre ancestrale de l’Isle-aux-Coudres. Presqu’un siècle plus tard, bien des étapes et réussites ont ponctué l’histoire de l’entreprise familiale qui n’a cessé de prendre de l’expansion. En 1999, l’apparition d’un cellier, d’une vinaigrerie et d’une cidrerie permettront la mise en marché de nouveaux produits élaborés sur place tels le vinaigre, les mistelles ainsi que le cidre et ses dérivés. En 2007, l’entreprise remportait fièrement plusieurs prix au Festival de la gastronomie de Québec.

L’Isle compte plusieurs hôtels et gites pour tous les goûts qui vous assureront de décrocher du stress de la vie urbaine tout en plongeant dans les riches traditions de Charlevoix.