NOIR LINCEUL de MIKHAIL W. RAMSEIER

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noir-linceulHyacinthe en a eu marre de sa carrière de journaliste et il a décidé de se retirer, en ermite, comme seul habitant de l’île de Langlade. Buvant son Saint-James, relisant Céline, Vian et Huxley et profitant de la solitude pour réfléchir sur sa vie. Zelda, elle, est une femme fatale qui se promène à moto. Son métier de graphiste à Genève lui pèse sur la tomate et elle souhaiterait bien partir, notamment à cause de cette lesbienne un peu fêlée qui lui colle au derrière.  Auguste, lui, est un type assez plat qui tient la boutique d’un ami sur la rue St-Jean, à Québec. Il doit cependant quitter la belle province puisque son visa arrive à échéance. En gros, il s’agit de l’histoire de plusieurs personnages qui se rencontrent fortuitement sur l’archipel de St-Pierre-Miquelon. Un moment, par contre, disparaît le vieux pervers et râleur de Jean-Charles, tenancier d’un petit hôtel-restaurant… Est-ce un meurtre ? Un suicide ? Ou l’histoire d’un mec qui a simplement décidé de tout larguer pour partir loin ?

Ce roman de Mikhaïl W. Ramseier, comme à son habitude, nous porte à la rencontre de personnages qui évoluent dans un monde en décadence. Un monde qui s’éloigne de choses essentielles de la vie et malhonnêtement politisé. Hyacinthe, Zelda et Auguste souhaitent visiblement quitter une vie moderne qui ne les satisfait plus. L’histoire, par-contre, n’est pas très bien ancrée, et la disparition de Jean-Charles m’a semblé n’être qu’un prétexte pour continuer le récit. Les amateurs de bons dialogues seront toutefois servis, puisqu’ils sont très bien construits. Si ce n’est que du verbiage d’Hyacinthe qui m’a semblé n’être qu’une pâle caricature de la langue québécoise, un peu trop assaisonnée à la sauce française… Les références culturelles, culinaires et musicales sont toutefois nombreuses et diversifiées, ce qui donne beaucoup de saveur au livre. Noir Linceul n’est certainement pas le roman de l’année, mais peut très bien faire le travail lorsqu’on patiente interminablement à l’aéroport, avec ses quelques punchs et sa trame culturelle intéressante — mais aussi parce que très bien écrit, comme seul peut le faire un russo-suisso-québécois !

Noir Linceul  / Mikhail W. Ramseier.

Montréal. Coups de tête. 2013. 464 p.

22.95 $