Charles Poulin : la musique avant tout

Par  |  Aucun commentaire

Être. Vous avez célébré vos 30 ans de carrière, le 18 juin dernier. Dans quel état d’esprit vous trouviez-vous ?

Charles Poulin. J’étais bien, cette semaine-là, j’ai spinné à l’Apollon, au Dagobert, ce que je fais normalement chaque année, à La Cuisine, où les gens ne dansent pas donc ça permet un plus grand choix dans ce que je fais. Mais on va fêter mes 30 ans de carrière en Beauce, où tout a commencé. J’attends des nouvelles de Matthew (Angel LaDrag) qui vient de là et qui va participer à l’événement. Je pense que ça aura lieu le 22 ou le 29 septembre au bar Le Planet de Saint-Georges et ça devrait être assez excitant. Mais, 30 ans, ça dure une année, donc ça ne fait que commencer.

Être. Le Black and Blue débute le 3 octobre. Est-ce un des plus gros évènements auxquels vous avez participé ?

C.P. Définitivement. Celui de 2006, devant 10.000 personnes, dans la grande aire du Stade Olympique, avec des grosses pointures de l’industrie comme Antoine Clamaran, Chus & Ceballos, demeure gravé à jamais en moi. J’ai vécu mon premier Black and Blue il y a 15 ans, comme bénévole, en distribuant des petits rubans rouges. C’est comme une école pour moi, une famille. Le rêve est devenu réalité. Ça amène au top.

Être. Et comment fait-on pour y rester ? Après 30 ans, j’imagine qu’il faut se renouveler…

C.P. Il faut être passionné. C’est le premier critère. Mais on ne peut pas seulement se contenter d’aimer ça : il faut être préparé et sérieux. On n’a pas le choix. Si on veut mener une carrière qui dure, on ne peut pas se permettre de perdre la face en arrivant en retard, par exemple. Souvent, les gens pensent que les DJs ont des vies pas mal « Olé Olé » mais pas du tout. On disait de Winston Churchill qu’il avait offert sa meilleure improvisation lorsqu’il était préparé. C’est comme ça avec moi. C’est possible de rester soi-même et de s’adapter au bar dans lequel on se trouve, en adoptant un style tantôt commercial, tantôt underground. Moi je suis assez éclectique, alors je m’adapte.

Être. Est-ce que vos motivations ont changé avec le temps ?

C.P. Non. Ça demeure la musique avant tout. C’est une recherche constante qu’il faut s’appliquer à réaliser. On doute, on se remet parfois en question et c’est bien de le faire car, lorsqu’on revient, on retrouve la flamme. Moi, je vais toujours faire de la musique. C’est le plus beau métier du monde. C’est un boost d’énergie incroyable.

Être. Parlant de boost d’adrénaline, vous arrivez de Montréal où vous avez travaillé lors de la Fierté…

C.P. Oui. C’était ma quatrième fois avec Fierté Montréal. Mike Cruz et Mark Anthony étaient au parc Émilie-Gamelin avec moi pour le T-Dance. À l’extérieur, c’est une des meilleures places. C’est pas mal plus heureux qu’ailleurs. Le dimanche, les gens vont à la marche, après ils arrivent, énergiques, presque survoltés.

Être. En dehors du travail, menez-vous « une vie de bars » ?

C.P. Je reste à Sainte-Marie-de-Beauce (rire). Ça me permet de relaxer et ça me convient. Je n’ai aucun regret, j’aime la vie nocturne. Je sors, j’en profite. Je fais le tour des bars quand je travaille pour en profiter et saluer des gens.

Être. Finalement, vous avez vu le monde à travers la musique. Qu’est-ce que vous rêveriez d’accomplir maintenant ?

C.P. J’ai mixé à Paris, à Boston, Ottawa… mais je me sens comme chez moi à Londres, particulièrement au End Club, renommé comme étant un des dix meilleurs clubs au monde. J’aimerais y retourner.