À cause d’un baiser : Et d’un coup, ça dérape

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Être. Qu’avez-vous voulu raconter avec À cause d’un baiser ?

Brigitte Kernel. C’est tout d’abord une histoire d’amour. Et j’aime les histoires d’amour. Cela étant, j’avais surtout envie de parler de la difficulté, dans le contexte d’un couple qui dure et qui est heureux, de se retrouver en position de déséquilibre quand l’une des deux personnes – ici deux femmes – se sent hélas soudain attirée par quelqu’un d’autre. Comment réagir ? Faut-il parler ou bien se taire ? Avouer à la personne qu’on aime et avec laquelle on vit qu’on est tout à coup troublé par quelqu’un d’autre ? Mentir pour se protéger ou protéger son conjoint ?

Être. Il est question de sujets douloureux dans vos deux derniers romans (deuil, rupture, maladie). Vous considérez-vous comme une romancière pessimiste ?

B.K. Non, au contraire. Je pense qu’il y a de la richesse dans tout drame même si l’on ne s’en rend pas compte sur le moment. D’autre part, depuis mon premier roman (Une journée dans la vie d’Annie Moore), j’écris sur et autour du thème du basculement et de la crise. Je suis hallucinée de voir combien une vie peut déraper et je me méfie des micro fêlures qui existent en chacun de nous et en chaque couple, même le plus fort. Ce sont donc ces sujets que je traite tout en pensant que la vie est un magnifique voyage.

Être. Quand on pense aux livres Virginie Despentes, de Nina Bouraoui et aux vôtres, on a l’impression que les romans mettant au premier plan des personnages lesbiens sont désormais davantage prisés par les éditeurs français. Constatez-vous une plus grande ouverture d’esprit?

B.K. Oui. Cela a avancé et avance encore considérablement. Les débats autour du Pacs ainsi que le travail des militants ont beaucoup aidé. Les éditeurs français ne sont que le miroir de cette avancée de la société. Mais il faut toujours faire attention, dans tout pays, au retour de bâton. Ne pas baisser les bras en se disant que c’est acquis.

Être. La fin laisse imaginer une autre suite aux aventures de votre personnage principal. Est-ce que vous travaillez déjà dessus ?

B.K. Oui, je le fais ici, au Québec. Et avec un immense plaisir. Une grande partie se passera à … Montréal ! Mais je préfère ne pas tout vous révéler…