Fierté Montréal : tout le monde à bord !

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Fierté Montréal : la fête des gays à Montréal

En se voulant un brin sarcastique et au risque de froisser quelques défenseurs de la langue française, on pourrait parler de United Colors of Fierté Montréal. En redevenant plus sérieux, on dira qu’il est rare de voir dans la métropole québécoise un événement prenant autant en considération chaque catégorie de la communauté GLBT.

Éric Pineault et Jean-Sébastien Boudreault sont pour la paix des ménages. « De bons organisateurs sont forcément de bons diplomates, expliquent de concert les deux hommes. Nous n’avons pas le choix. Il n’y a rien de plus large que la communauté LGBT. Pour certains, la fierté doit mettre en avant le volet revendicatif, pour d’autres c’est la culture ou le côté festif. »

Leur équipe connaît parfaitement les critiques dont a fait l’objet Fierté Montréal, lors des cinq premières éditions (notamment dans les colonnes de notre magazine). Pas assez militante ? « Cette année, la fierté est plus politique que jamais », réplique Éric Pineault.

Présences politiques calculées ?

La programmation, avec pour la première fois des mini-conférences sur les droits humains, reflète cette évolution. Porte-parole de Fierté Montréal 2012 (aux côtés du joueur de soccer David Testo, de la chercheuse Line Chamberland, de l’artiste Kat Coric, de la militante trans Julie-Maude Beauchesne et de l’animateur Jasmin Roy), l’homme politique français Jean-Luc Roméro, l’un des rares dans son pays à afficher son homosexualité, explique que la certitude de pouvoir parler, au cours de ces sept jours, de la sérophobie et des combats qui restent à mener dans la lutte contre le VIH/sida l’a convaincu d’accepter l’invitation des organisateurs. Fierté Montréal lui remettra d’ailleurs vendredi le Prix Claude-Tourangeau, en récompense de son apport à la lutte contre la sérophobie.

Les GLBT souhaitant défendre la position des étudiants grévistes auront aussi leur place dans la marche du 19 août (non en tête du cortège, contrairement à ce que les intéressés auraient souhaité). On annonce la venue de Gabriel Nadeau-Dubois, nouvelle icône de certains gais aussi admirateurs de ses idées que de sa plastique.

Autre présence forcément remarquée lors de cette 32e marche à Montréal, celle des ministres libéraux, déjà là l’année dernière, tout comme Pauline Marois. Hasard du calendrier, la fierté de Montréal se déroule alors que les élections anticipées ont été déclenchées par le gouvernement Charest. Dès lors, peut-on craindre une quelconque récupération ? Non, affirme Éric Pineault qui voit dans ces venues, « la possibilité d’avoir des conversations informelles avec les personnalités politiques ainsi que l’opportunité de donner une image positive de la fierté », bien que les organisateurs ne peuvent que regretter les maigres ressources offertes par la Ville de Montréal et le gouvernement de Québec (Ottawa et Stephen Harper ne donnant rien). Au final, tous les partis politiques des scènes municipale, québécoise et fédérale devraient être représentés, hormis le parti conservateur du Canada.

Fierté Montréal comme Tintin

Tout en répondant aux questions concernant les sujets qui fâchent, l’équipe de Fierté Montréal souhaite surtout mettre l’accent sur les événements qui démontrent son souhait du rassemblement avec, comme thème de l’année 2012, le slogan « Notre drapeau, notre fierté ».

Ce symbole des luttes des communautés GLBT à travers le monde « n’est pas assez mis en évidence [au Québec], même dans le Village », déplore Éric Pineault qui a contacté les commerces du quartier gai pour que l’étendard soit affiché. « C’est ainsi qu’on conscientise les gens. Il y a tellement d’acquis ici qu’on l’oublie », ajoute-t-il.

Du 13 au 19 août, toutes les couleurs de l’arc-en-ciel se veulent représentées. Les lesbiennes ont leur Marche des femmes, le 18 août, à 11h, sur Sainte-Catherine, depuis la rue Champlain jusqu’à la place Émilie-Gamelin. Un trajet relativement court parce qu’il s’agit d’une « première expérience », dixit les organisateurs. « Nous avons toujours eu des événements pour les femmes, mais il était difficile d’atteindre la communauté lesbienne. Cette année, nous avons trouvé les bonnes personnes pour changer ça », détaille Éric Pineault.

Les transsexuels auront droit, une nouvelle fois cette année, à l’exposition photo de Transgeria. Même les adolescents feront partie de la fête, avec Le bal des jeunes LGBT, le 16 août. Désormais, la Fierté Montréal, c’est comme la maladie d’amour et Tintin, ça va de 7 à 77 ans.

La culture sera aussi au rendez-vous. Dans le genre coquin avec Bain-Sauna Le Musical !, où une troupe de gars en petite tenue cherchera à faire rire avec « des grossièretés masculines » évoquant l’univers brumeux du sauna. En plus sérieux, avec le Café des Arts, tribune pour les créateurs visuels, qui revient pour la quatrième année, tandis que la Fierté littéraire, idée du journaliste Denis-Martin Chabot, accueillera des auteurs comme Janick Belleau, Colette Bazinet et Gérard Pourcel.

La poésie aura aussi droit aux honneurs des GLBT avec Emmental Expiré, activité lancée par Simon Duplessis, où l’on retrouve également musique et danse. Bref, si vous ne l’avez pas compris, on vous le répète : tout le monde est servi.

Crédit photo : fiertemontrealpride.com

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