Fierté Montréal : « Emmental expiré », la poésie expérimentale

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Emmental expiré - Simon Duplessis propose de la poésie à Fierté Montréal

RG. Comment est né Emmental expiré ?

Simon Duplessis: Éric Pineault, le président de Fierté Montréal, m’a approché pour m’offrir d’organiser une soirée de poésie. Il souhaitait faire une place à la littérature GLBT dans son événement. J’ai tout de suite demandé à Zïlon de se joindre à mon projet. C’est un de mes bons amis. Nous avons un groupe de musique intitulé Les fraises du champ, nous allons tous les deux faire de l’improvisation musicale sur plusieurs poèmes.

RG. À quoi peuvent s’attendre les spectateurs qui assisteront à cette soirée ?

S.D. À de la diversité. Je ne voulais pas faire une soirée classique de lecture de poèmes. Ça pourrait devenir très ennuyeux d’écouter des artistes réciter des textes au micro. J’ai décidé d’exprimer la diversité autant dans le choix de mes poètes que dans ma représentation scénique. Il y aura du mouvement, de la performance, de la musique. La soirée s’ouvrira sur de la danse et se terminera par une chanson. L’animation sera assurée par le coloré personnage de madame Mamelle, une grande cantatrice interprétée par Daniel Duhamel.

RG. Croyez-vous que cette soirée saura rejoindre un public n’ayant pas l’habitude de la poésie ?

S.D. Certainement. On oublie que la poésie est partout autour de nous. Dans la musique que l’on écoute, au cinéma et même si certains vont être en désaccord avec moi, dans la publicité. Il y a là une recherche sonore et rythmique, un travail de la parole et du mot. Avec la variété d’artistes présents, le mélange entre des textes dramatiques et d’autres plus légers, je pense qu’il y aura de quoi plaire à tous.

RG. Comment avez-vous découvert cette forme littéraire ?

S.D. Très jeune, mes professeurs ont décelé du rythme et une aisance naturelle pour la langue. Vers 15-16 ans, j’ai découvert Nelligan. Puis il y a eu Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé, etc. Quelques années plus tard, j’ai travaillé à essayer de trouver ma propre voix en évitant de reproduire ou d’imiter le style d’écrivains passés. J’écris encore de la poésie, mais j’ai plutôt évolué vers la prose. En ce moment, je travaille sur une pièce de théâtre.

RG. Quelle place tient l’homosexualité dans votre écriture ?

S.D. Une grande place quand même. Je ne me perçois pas comme un auteur gai. Par contre, mon écriture décrit des réalités qui me sont familières et liées à mon orientation sexuelle. Je me vois plus comme un auteur queer. Ce mot réfère plus à quelque chose d’étrange qu’à l’homosexualité. C’est aussi cette célébration de la marginalité que je souhaite souligner.

Crédit photo : S.D.