Mort de la chanteuse lesbienne Chavela Vargas

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Chavela Vargas : mort d'une icône lesbienne

Pedro Almodovar la comparait à la chanteuse française Edith Piaf qui, comme elle, avait débuté sa carrière dans la rue, dans les années 1950. Chavela Vargas a mené une longue carrière, brillante et mouvementée. Originaire du Costa Rica, elle avait émigré au Mexique durant son adolescence. Elle a été l’amie de nombreux artistes, dont les peintres mexicains Diego Rivera et Frida Kahlo, dont elle a été la maîtresse. Elle avait d’ailleurs fait une apparition dans le film où la peintre était jouée par Salma Hayek.

En plus de 50 ans de carrière et près de 80 albums, Chavela Vargas avait su inspirer le respect et l’admiration en interprétant de façon poignante des chansons rancheras, ce genre populaire de l’ouest du Mexique traditionnellement réservé aux hommes. Elle se présentait sur scène, habillée comme un homme d’un poncho rouge, un pistolet à la ceinture, chantant les chansons plus romantiques sans même changer les pronoms féminins.

Deux vies plutôt qu’une

Sa carrière connaît un trou d’air dans les années 1980, pendant lesquelles elle sombre dans l’alcool. Grande fumeuse de cigares et amatrice de tequila, elle prétendait en avoir bu près de 45.000 litres durant sa vie, soit plus d’un litre et demi par jour, en admettant avoir commencé à 18 ans.

Finalement, Chavela Vargas avait connu de nouveau le succès dans les années 1990. Elle était remontée sur les scènes du monde entier (Carnegie Hall de New York, Olympia de Paris…).

La chanteuse est morte deux semaines après son retour d’un dernier voyage en Espagne où elle avait été hospitalisée. Elle s’y était rendue pour présenter son dernier disque, La Luna Grande, en hommage au poète espagnol gai Federico Garcia Lorca, dont elle avait été proche, ainsi que sa dernière autobiographie « Il me faut deux vies. Les vérités de Chavela Vargas ».

Chavela Vargas laisse des œuvres comme La llorona, Paloma negra, Un mundo raro. Mais son plus grand succès demeurera Piensa en mí, écrit par Agustín Lara. À la demande de Pedro Almodovar, Luz Casal l’avait chanté pour son film Talons Aiguilles. Chavela Vargas l’avait d’ailleurs repris en 2009, sur l’album Splendor in the Grass de Pink Martini.

Crédit photo : adяiLg.