Jérémie Petterson – Ams Calme Gramme

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Jérémie Petterson : portrait du serveur gai du Village

Il l’appelle encore « Le Kilo », comme beaucoup de ses habitués. Jeremie Petterson a commencé à y travailler il y a huit ans. « Je viens de la rive sud, raconte-t-il. Je venais de faire mon coming-out et j’avais envie de rencontrer d’autres gais qui étaient dans la même situation. Il n’y en avait pas beaucoup chez moi. »

Du monde, il n’aura pas manqué d’en rencontrer. Aujourd’hui célibataire, il reste en couple pendant six ans avec un des clients de l’ex-Kilo, qui le reconnaît lors d’une soirée. « Certains me laissent leurs numéros, des commentaires parfois drôles… C’est bon pour l’égo », commente-t-il sobrement. Mais c’est une dame qui lui adressera l’un des messages les plus aimables. « Il y a des choses qu’on te dit et qui viennent te chercher, explique Jeremie Petterson. Je ne la connaissais pas, mais elle me dit « j’avais juste envie de te voir, cela me fait du bien ». »

En entrevue, Jeremie Petterson est fidèle à l’image qu’il donne lorsqu’il vous sert : calme et à l’écoute. « Les clients réguliers, on n’a pas besoin de leur demander ce qu’ils veulent commander ou s’ils veulent du café », constate-t-il. Il dit ne pas aimer se mettre de l’avant, mais n’a pourtant pas hésité à prendre le temps de nous répondre, même là où il travaille, car il lui arrive même d’y accompagner « [s]es amis qui aiment manger ici ».

Entre deux services, Jeremie Petterson se rend au gym, quatre à cinq fois par semaine. « Ça bloque mes fins de semaine, reconnaît-il. Il y a des gens que je ne peux pas voir… C’est un choix : si jamais je n’étais plus content, je changerais. Pour le moment, je suis satisfait. » Son temps libre, il lui arrive de le passer à la Taverne Normandie, de manger au Mozza ou au Saloon.

Le dessin comme exutoire

Débutant dans la restauration à l’âge de 16 ans, Jeremie Petterson a poursuivi des études en informatique et multimédia. Il pensait alors créer des personnages de jeux vidéos, mais le contact avec la clientèle lui manquait. « Je l’ai trouvé ici en déménageant, explique-t-il. Je fais le métier que j’aime. » S’il ne travaille pas qu’au 1000 Grammes, il affirme s’être « toujours senti bien ici. C’est comme une famille, certains sont là depuis plus longtemps, 12 ou 13 ans. »

Même s’il n’a pas poursuivi sa carrière dans ce domaine, il continue de dessiner des personnages inspirés des mangas et des jeux vidéos, afin d’y « passer [s]es émotions » quand il est « fâché, triste ou même heureux. » Après une première collaboration avec le designer CLUC, Jeremie Petterson songe peut-être à exposer ses œuvres en galerie, les imprimer sur toile ou sur des chandails. À plus long terme, il se voit ouvrir son propre restaurant.

En huit ans, il aura eu tout le loisir le temps de tester toute la carte du 1000 Grammes, des sandwiches aux parts de gâteaux. Même s’il affirme « aimer puis se tanner » d’un plat, il admet tout de même avoir un faible pour le Pollo Burger et le nouveau gâteau Death by chocolate.

Article paru dans le magazine RG (numéro 354)

Crédit photo : César Ochoa.