Gore Vidal : mort d’un grand romancier

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Gore Vidal : mort d'un géant (gay) de la littérature

On peut sans se tromper parler d’un pionnier pour les gais dans l’art américain, au cours du siècle passé. En 1948, dans une Amérique triomphante mais puritaine, la sortie de The City and The Pillar provoque des remous dans la carrière du jeune Gore Vidal qui, alors âgé de 23 ans, en est déjà à son troisième roman publié.

Apparemment basée sur une histoire d’amour de l’écrivain, l’œuvre (traduite en français sous le titre de Un garçon de la rivière), évoque la liaison torturée entre deux amis, dont l’un disparaît tragiquement au combat. Elle sera boudée par un monde littéraire choqué. Malgré le scandale, il continuera pendant des décennies à écrire, remportant un succès certain, tout en défendant encore la cause GLBT.

Histoire d’amour de 50 ans

Outre la littérature, Gore Vidal travaille également beaucoup pour la télévision et le cinéma. Amené à partager sa vie entre les États-Unis et l’Europe (en France et en Italie notamment), il rencontre André Gide, Jean Cocteau, Federico Fellini, Jackie Kennedy, se lie d’amitié avec Truman Capote, devient l’amant de Jack Kerouac et vit pendant quelques temps avec Tennessee Williams. Autant de rencontres qu’il évoquera dans le premier tome de son autobiographie Palimpseste, en 1995.

Scénarite pour Soudain, l’été dernier, il travaille également sur Ben-Hur. À la fin des années 90, Gore Vidal se félicitera même d’avoir insérer un contexte homosexuel dans la relation entre Ben-Hur (joué par Charlton Heston) et Messala (Stephen Boyd), provoquant la colère du très peu homosympa Heston.

Celui qui est un temps fiancé avec l’actrice Joanne Woodward vivra surtout une histoire d’amour de 50 ans avec Howard Austen. Farouche opposant au conservatisme américain, le romancier défend toute sa vie ses idées ancrées fermement à gauche. Ces dernières années, accusant George W. Bush de fraude électorale et d’être arrivé au pouvoir par un « coup d’état », il avait également accusé les républicains de manipuler l’opinion sur le terrorisme.

Crédit photo : Mark Coggins.