Journée mondiale contre le sida : le gouvernement coupe les vivres

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Sida : Réjean Thomas écoeuré par la décision du gouvernement

Jean Charest est en tournée dans les régions où lui et les membres de son cabinet multiplient les annonces de subventions. Depuis le début du mois de juin, le chiffre de 445 millions de dollars de nouvelles dotations financières a été comptabilisé par Radio-Canada, dont 200 millions de dollars dans le cadre du Plan Nord, afin de soutenir le développement d’infrastructures dans les villes concernées, ou 58 millions de dollars pour la relance de la Mine Jeffrey d’Asbestos.

Le gouvernement affiche néanmoins ses priorités en matière de financement public. En effet, par un courrier adressé aux directeurs de Santé publique du Québec, le ministère de la Santé et des services sociaux indique qu’il « ne pourra pas rencontrer ses obligations habituelles en ce qui a trait aux campagnes de communication en prévention des ITSS cette année ». Le courrier, signé par le directeur du Développement des individus et de l’environnement social, précise que « pour des raisons financières, il ne sera pas possible de présenter, comme par le passé, une campagne de communication à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida du 1er décembre ».

Incompréhension des groupes communautaires

L’annonce a fait l’effet d’une douche froide pour les acteurs de la prévention et de la lutte contre le VIH, à l’instar du docteur Rejean Thomas, fondateur de L’Actuel. Présent à la XIXe conférence internationale sur le sida qui s’achève en ce moment à Washington, il a fait part à La Presse de son incompréhension : « Ça donne l’impression que les infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS), ce n’est pas grave, que le sida, ce n’est pas grave, et que tout est complètement réglé, alors que ce n’est pas du tout le cas ».

De son côté, la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-SIDA) a fait part de sa « plus grande stupéfaction » dans un communiqué. « Cette nouvelle nous apparaît d’autant plus incongrue qu’elle arrive précisément au moment où les avancées scientifiques pourraient rendre possible l’éradication du VIH/sida, comme en témoignent diverses interventions dans le cadre de la Conférence internationale sur le sida […] Mais sans volonté politique, l’objectif restera inatteignable ! »

Dans le même temps et en dépit de nos demandes successives, le ministère de la Justice n’a pas encore communiqué le montant exact et les noms des groupes communautaires bénéficiaires du Plan de lutte contre l’homophobie.

Crédit photo : -eko-