Wakefield : la belle vie pour tous

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Wakefield : excursion parfaite pour les gais et les lebiennes

La rivière Gatineau longe ce petit village. À quelques minutes en voiture, on y trouve la belle plage du lac Philippe. Wakefield est officiellement bilingue, mais on y entend surtout de l’anglais. En effet, ce village a été bâti en 1830 par des immigrés anglais, irlandais et écossais.

Wakefield vit du tourisme culturel, vert et gastronomique. La scène musicale et artistique est très vivante, elle attire des touristes en été comme en hiver.

Le splendide lac Wakefield (crédit photo : Sokhar)

« C’est un village très ouvert et homosympa », explique Dominic Rintul, propriétaire de la Maison Earl, un pub irlandais. On mange bien chez lui, par exemple on a pour 10 dollars un croque-monsieur délicieux et des tortillas accompagnées de salsa. Le proprio me dirige ensuite de l’autre côté de la rue, chez Christian Chartrand, qui tient le commerce CC Sushi.

Un mariage gai qui remue

Cet homme charmant tient son restaurant depuis deux ans et réside ici avec son partenaire depuis cinq ans et demi. « J’habite à Mont Cascade. Comme je viens de la ville, j’avais besoin de paix et de calme. Je voulais me simplifier la vie. Du coup, j’ai ouvert un petit restaurant de sushis, et ça marche bien. »

Marilou Lapain a une histoire semblable, elle qui a débarqué à Wakefield il y a dix ans. Elle se dit aujourd’hui épanouie grâce aux gens et à l’ambiance. « Je me suis installée ici pour la scène musicale. En plus, c’est près d’Ottawa, où je travaille comme conseillère dans un foyer d’accueil pour adultes handicapés. »

De son côté, Scott Hébert-Daly raconte : « Avec mon mari, Éric, nous avons déménagé ici en 2000. À l’époque, il était directeur national du NPD, et moi professeur au secondaire, ce qui fait qu’on était tous les deux stressés et très occupés. On a loué une voiture et puis on a exploré la région. On est tombés amoureux du village dès qu’on l’a vu. »

En 2006, le mariage des deux hommes s’est même inscrit dans l’histoire du village, créant toute une controverse. Alors qu’ils voulaient s’unir à l’Église Unie du Canada de Wakefield, ils ont dû se contenter de la municipalité de Chelsea. « Une petite minorité a créé un problème, explique Scott. Ces personnes ne nous ont pas permis de nous marier dans le refuge de notre église. Le reste du village était fâché. C’est devenu un moment décisif pour les gens du coin, les artistes, les hippies, tout le monde. »

« Pas besoin de marche des fiertés »

Finalement, plus de 250 personnes sont venues au mariage, dont beaucoup de villageois que les mariés ne connaissaient pas. Aujourd’hui, la nouvelle pasteure de l’église, D’thea Webster, est lesbienne. « On avait peur que ça ramène de vieux souvenirs, mais en fait non », conclut Scott.

Une locomotive comme au beau vieux temps

À Wakefield, la communauté LGBTQ n’est pas militante, sans pour autant être invisible. Les gens sont tout simplement ouverts et accueillants, quelle que soit l’orientation sexuelle.

« Si on se retrouve [au Kafé 1870] ou n’importe où ailleurs, les gens disent tous bonjour, indique Christian. On est des gens comme les autres. Il n’y a aucune différence ! » Scott renchérit : « Éric, mon mari, m’offre des fleurs en public et les gens s’en foutent. »

Il y a bien eu l’association GLOW (Gay, Lesbian of Wakefield), mais elle n’a duré que le temps d’une rencontre. Pourquoi ? « On l’a fait et on s’est rendu compte qu’on n’en avait pas besoin, répond Marilou. Ça ne changeait rien à ce qu’on faisait déjà. Ce village, c’est comme une grande famille. Il n’est pas nécessaire d’avoir un truc spécifiquement homo, on a juste besoin d’une famille aimante. »

Bref, c’est un peu ça l’esprit de Wakefield. Tout le monde se rassemble pour manger, discuter, écouter de la bonne musique en toute tranquillité et sans complexes. Que tu sois grand, petit, noir, blanc, homo ou pas, ce n’est pas important. « On n’a pas besoin de marche des fiertés ici », confirme Christian.

On peut, sans choquer les villageois, se tenir la main et s’embrasser. Quant aux endroits à visiter, le Moulin de Wakefield a de belles chambres, des forfaits intéressants et un spa relaxant. L’auberge la Grange est très romantique et on y offre aussi des cours de yoga dans le loft.

Quand on est à Wakefield, on ne peut pas rater l’auberge Le Mouton Noir (mieux connue sous son nom anglais, The Black Sheep Inn) qui présente une scène musicale renommée. Pour une ambiance plus détendue, Le Hibou est un bar-café rétro avec un menu végétarien et du poisson, ainsi que de délicieuses soirées cabaret. Le fameux Kafé 1870 constitue un des lieux préférés des locaux. Enfin, n’oubliez pas que lorsque le train touristique de Wakefield passe, on fait signe de la main, c’est une coutume locale.

Crédit photo : Sokhar et S.F.