Deux lesbiennes, reines du bal mais détrônées par la direction

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Chateauguay : lesbiennes H.S. Billings

À ce jour, les deux élèves en sont encore à se battre auprès de la direction de leur institution pour que leur couronnement soit reconnu au même titre que les couples hétérosexuels élus les années précédentes. « On m’a révélé que le titre de prince ne pouvait être revendiqué que par les garçons, confie l’une des deux élèves au journal montérégien Le Soleil. J’ai alors demandé de voir les règlements, mais personne n’a été en mesure de me les montrer. Je crois qu’ils ne sont écrits nulle part. »

Les deux jeunes filles ont pourtant suivi la procédure réglementaire dans leur inscription au titre, et avaient reçu, au moment de le faire, l’appui du conseil des élèves responsables de l’organisation du bal. La direction de l’école l’entend autrement.

« Ils nous ont dit qu’ils ne pouvaient reconnaître le titre de prince et de princesse 2012 sous prétexte que les parents ne l’accepteraient pas et que la procédure n’avait pas été correctement suivie. Sincèrement, j’aime et je suis d’accord avec les traditions, mais elles sont aussi faites pour changer. Les parents n’ont rien à voir là-dedans. Il est clair que le couple peut compter sur l’appui des élèves de Billings. Ne pas les appuyer contredirait toutes les campagnes que nous menons pour contrer l’intimidation », a déclaré le premier vice-président du conseil des élèves, Ryan Holowaty.

Une mince victoire

 Les deux jeunes femmes ont réussi à obtenir qu’on mette en ligne une note de félicitations sur le site Internet de l’école, mais la direction a refusé de publier la photo du couple dans l’album de finissant, prétextant qu’il était trop tard pour le faire.

« Au moment où nous avons fait notre demande, début juin, on nous a répondu que c’était trop tard. L’album était en impression. Pourtant, juste après avoir évoqué cette raison, ils ont rajouté plein d’autres choses, comme les photos de la marche des finissants. Ceci prouve qu’ils ne veulent pas qu’une photo de nous apparaisse dans le livre », précise l’une des deux élèves.

Le couple, aidé par la mère de l’une des deux jeunes filles, est prêt à faire valoir ses droits et entend poursuivre sa lutte. Il a contacté le Protecteur de l’élève (ombudsman) et songe à porter le dossier à la Commission des droits de la personne.

Article paru sur le site du magazine Entre Elles le 20 juillet.

Crédit photo: Freakgirl