FIMA 2012 : né dans le Village

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FIMA 2012 : un événement du Village

RG. Qu’y a-t-il de nouveau pour cette nouvelle édition du FIMA ?

Stéphane Mabilais. Nous lançons pour la première fois « Ma première galerie d’art », qui est destiné aux enfants. On veut les initier à collectionner de l’art. Ils vont donc vivre tout ce que l’on voit dans les galeries : un vernissage avec du jus d’orange dans les verres, des œuvres à dix dollars qu’ils pourront s’offrir. Des artistes comme Zïlon ont accepté de participer à cette opération. La Fondation Jasmin Roy [organisme qui lutte contre l’intimidation à l’école, ndlr.] recevra 50 % de l’argent récolté.

RG. De quelle manière l’événement s’adresse-t-il à la communauté GLBT ?

S.M. Ce n’est pas un événement gai en soi, mais il est né dans le Village et il s’y déroule toujours aujourd’hui. Le FIMA aborde un domaine qui intéresse la communauté. Les premières années, on sélectionnait en priorité des artistes GLBT. Cependant, on s’est rendu compte que les médias cherchaient absolument à mettre en avant les œuvres érotiques gaies. Nous n’avions rien contre ça, mais on ne pouvait pas résumer l’événement qu’à cet aspect. Nous souhaitions la diversité, les journalistes ne la cherchaient pas. L’événement s’appelait alors « Festival des arts du Village ». Nous avons changé de nom.

Stéphane Mabilais, directeur du FIMA

RG. Lors des années précédentes, vous avez regretté que votre festival bénéficie de moins en moins d’espace. Êtes-vous satisfait désormais ?

S.M. Le problème reste le même. À cause de la piétonnisation du Village, la police m’oblige à laisser un espace supplémentaire pour la livraison effectuée par les camions. Ça m’a enlevé entre 30 et 40 espaces. Cette dynamique perdue s’est un peu retrouvée suite à des discussions avec le commandant Gagnon, de la SPVM. Du côté de la place Émilie-Gamelin, le Quartier des spectacles, qui gère l’espace, refuse toujours de nous laisser occuper les lieux à cause de l’aspect commercial qu’on retrouve dans le FIMA, où l’argent récolté pour les œuvres va aux artistes et non à l’événement.

RG. Le FIMA est d’abord un événement de rue. La rue, y compris dans le Village, est occupée actuellement par les étudiants et les opposants à la loi 78. Avez-vous prévu une initiative en guise de soutien ?

S.M. Non. On pensait faire un geste lors de la remise des prix, le jeudi 28 juin, avec un petit groupe qui jouerait quelque chose au bruit des casseroles. Après en avoir discuté ensemble, on s’est dit que ce ne serait pas forcément une bonne idée.

RG. Ces dernières années, avec Aires Libres et la piétonnisation, le Village prend un virage artistique. Que pensez-vous de cette évolution ?

S.M. J’aime la démarche. Denis Brossard [président du conseil d’administration de la Société de développement commercial, à l’origine de Aires Libres], apprécie beaucoup le festival. Je pense que le FIMA l’a influencé. Nous étions les premiers à faire fermer la rue, avant même les Outgames. Ils sont sur la bonne voie. Même si le FIMA se retrouve désormais noyé dans cette piétonnisation générale, dans l’ensemble c’est avantageux, notamment pour la sécurité et le financement.

Crédit photo : César Ochoa (Village) et document remis (Stéphane Mabilais).