La justice réprimande un journal ougandais homophobe

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OugandaC’est une nouvelle qu’on n’espérait plus tant l’Ouganda semblait ces derniers temps totalement plongé dans climat d’homophobie généralisée. Le 1er novembre, un juge a ordonné au journal national, The Rolling Stone, de ne plus jamais publier des photos, les identités ou encore les adresses de personnes décrites comme gaies.  Vincent Musoke-Kibuuka a estimé que de tels actes étaient «une atteinte au droit à la vie privée».

«Pendez-les !»

Cette décision fait suite à un recours en référé d’un groupe gai. Depuis un mois, The Rolling Stone est devenu l’un des pires ennemis de la communauté LGBT. Début octobre, il faisait sa une avec un article «outant» une quinzaine de personnes soi-disant homosexuelles. «Pendez-les», pouvait-on même lire en première page. Trois nouvelles listes étaient promises dans les prochains numéros. Une deuxième – avec 14 noms – est effectivement parue ce lundi.
The Rolling Stone affirme que les homosexuels vont «recruter au moins un million de membres d’ici 2012», parmi lesquels des enfants… L’appel au meurtre émis par le journal se fait dans un contexte politique extrêmement défavorable aux LGBT : en 2009, un projet de loi a été déposé. Il prévoit la peine de mort pour certains actes homosexuels. Les gais peuvent à l’heure actuelle déjà être condamnés à la prison à vie.
La décision du juge montre néanmoins qu’une vraie résistance existe contre la folie institutionnelle du pouvoir ougandais, très influencé par les religieux locaux mais aussi par les évangélistes nord-américains. Des hommes d’Église se lèvent malgré tout contre cette violence : le pasteur Mark Kiyimba était cette fin de semaine en Californie pour témoigner de la situation dramatique dans son pays et pour appeler à l’aide. Tout en sachant qu’il risquait l’emprisonnement à son retour en Ouganda…