FTA : un visage qui enflamme

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Sur le concept du visage du fils de Dieu au FTA de Montréal

La pièce de Romeo Castellucci met en scène un fils et son père. Alors que le premier s’apprête à partir travailler, le second, désormais vieil homme, se souille de son urine, victime d’incontinence. Son fils entreprend alors patiemment de le nettoyer. Au fond de la salle, tel un témoin de cette scène et un juge du spectateur, se dresse un portrait du Christ, datant de la Renaissance. La pièce se poursuit par une partie décrite par Sergio Scariatella (le fils), comme « plus onirique et métaphysique ».

« Ce spectacle ne doit certainement pas être considéré comme antireligieux, s’exclame l’acteur dans une récente entrevue avec nos confrères de 2B. Il n’y a rien là-dedans qui puisse être considéré comme blasphématoire. Il y est question de dignité et de la condition humaine ».

Des œufs et de l’huile sur les spectateurs

Pourtant, la controverse a quand même entraîné une forte attention médiatique alors que la pièce présentée un peu partout en Europe était victime (en France uniquement) de protestations parfois violentes. Bien que constitués d’une quantité négligeable d’individus, les manifestants utilisaient des moyens désobligeants pour exprimer leur désaccord : bloquer les portes du théâtre, jeter des œufs ou de l’huile de vidange sur les spectateurs.

Sur le concept du visage du fils de Dieu se veut une œuvre dramatique mystique et obsédante, une ode à la compassion et une méditation sur la souffrance et la dignité. Né en 1960 à Cesena, Romeo Castellucci s’est imposé comme un créateur majeur de la scène dramatique contemporaine. Sa pièce est présentée au théâtre Jean Duceppe du 31 mai au 3 juin à 20 h. Pour plus d’informations, visitez le site du festival.

Crédit photo : Klaus Lefebvre / FTA.