Tuerie de Polytechnique, 22 ans après : le souvenir des victimes demeure
Le 6 décembre 1989, Marc Lépine entrait dans l’école Polytechnique de Montréal avec l’intention de « combattre le féminisme » en tuant des ingénieures. Après avoir abattu 14 femmes, blessé 10 autres, ainsi que quatre hommes, il avait retourné l’arme contre lui. Depuis cette tragédie, partout au Canada se tient la journée de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes.

Quatorze femmes tombaient sous les balles du tueur de Polytechnique, il y a 22 ans : Geneviève Bergeron, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Maryse Laganière, Maryse Leclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michèle Richard, Annie St-Arneault, Annie Turcotte et Barbara Klucznick-Widajewicz. Dans une lettre rédigée avant sa furie meurtrière, Marc Lépine expliquait que « [...] les féministes ont toujours eux [sic] le dont [sic] de me faire rager ».
En plus de rappeler la mémoire de ces vies arrachées à leurs proches lors de ce terrible événement, ce jour est l’occasion de sensibiliser le public à la lutte contre les violences faites aux femmes. Il nous rappelle le « combat constant auquel nous sommes tous confrontés », indique dans un communiqué le Centre contre l’agression sexuelle de l’association étudiante de McGill (SACOMSS). « Cette lutte contre la violence et l’oppression est un combat de chaque jour et il est de notre responsabilité de s’engager et de prendre les mesures adéquates. »
Mobilisation contre la suppression du registre des armes à feu
Les commémorations se sont tenues partout dans le pays. À l’École Polytechnique, une gerbe de douze roses blanches a été déposée au pied de la plaque commémorative située devant l’édifice. Le premier ministre Stephen Harper a souligné dans un communiqué que « nous ne pourrons jamais comprendre entièrement les événements insensés qui se sont déroulés en cette triste journée, mais nous devons continuer à faire tout notre possible pour qu’une telle tragédie ne se reproduise jamais et pour protéger les plus vulnérables de la société ».
Une intervention sans doute peu goûtée par les proches des victimes du massacre. Celles ont poursuivi, lors d’une manifestation devant le Parlement fédéral qui a également rassemblé des députés des partis de l’opposition, leur lutte contre l’abolition du registre des armes à feu. Unissant leurs voix à celle de la Coalition pour le contrôle des armes, elles continuent d’exiger du gouvernement Harper qu’il revienne sur sa décision.
Le SACOMSS invitait la communauté à se rassembler pour un service mémoriel ce soir à18h30, lors duquel se sont exprimés des militants opposés à la violence. Des performances artistiques seront données et des bougies allumées en mémoire des 14 femmes tuées, il y a 22 ans.
Article écrit en collaboration avec le site 2bmag.com
Traduction: T.T.
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