• International
  • Canada
  • Montréal
  • Ottawa/Gatineau
  • Québec
  • Ailleurs au Québec
  • Québec

    Erika Jahn : justicière sociale

    par Shawn Thompson le 30 décembre 2011

    Depuis septembre dernier, Erika Jahn travaille en tant que coordonatrice des levées de fonds et des communications auprès de l’organisme Sida Bénévoles Montréal (ACCM). Elle trouve aussi le temps d’organiser la sortie queer mensuelle, le « Guerrilla Queer Bar Montréal », en plus de tenir à jour « The Gaily », un magazine queer en ligne qu’elle a fondé avec son ami Tyrone Smith. Rencontre avec une jeune femme assurément engagée.

    erika jahn GQB gaily

    Passionnée par le secteur à but non lucratif, notamment en ce qui concerne la santé des femmes, l’environnement et la sexualité, Erika Jahn, née à Edmonton, a grandi sur une petite ferme dans les Kootenays en Colombie-Britannique, puis a habité Toronto et Boston avant de s’installer à Montréal, il y a un peu plus d’un an.

    Depuis, elle s’est impliquée auprès de divers organismes locaux, tels que Action Cancer du Sein de Montréal, FemmesToxic, Queer Sparks Speak et Fondation Filles d’Action, en plus de présider le CAEO Québec, l’unique organisme GLBTQ anglophone du coin.

    Avec une maîtrise en théologie de l’université de Harvard sous le bras, voilà un curriculum pour le moins impressionnant pour une femme de 27 ans. Autant de raisons qui ont poussé Entre Elles à s’entretenir avec cette queer qui fait (et fera) parler d’elle à Montréal.

    Entre Elles. Une femme lesbienne s’impliquant au sein d’un organisme combattant le VIH/Sida paraît quelque chose de particulier. Cette communauté est l’une des moins à risque. Y a-t-il beaucoup d’autres femmes qui travaillent avec toi ?

    Erika Jahn. Non, en effet, mais ça m’est égal. C’est un environnement qui reste très gai, mais je ne travaille pas là pour ça. Dans tout ce que je fais, y compris lorsqu’il s’agit de choses plus amusantes comme le Guerrilla Queer Bar, le cœur reste la justice sociale, que ce soit le droit des animaux, ceux des gais, et pas seulement ceux des lesbiennes. C’est vraiment important pour moi, surtout lorsqu’il s’agit de stigmatisation, comme dans le cas du VIH.

    Entre Elles. Tu t’impliques aussi beaucoup dans la communauté queer de Montréal avec ce que tu appelles le « nouvel agenda gai » porté par les soirées du Guerilla Queer Bar et The Gaily, qui s’adresse aux « homogais ». C’est donc seulement pour les GLBTQ?

    E.J. Le but est vraiment d’en faire quelque chose d’inclusif, d’ouvert et de plus grand que juste pour la communauté. Avec le terme « homogai », nous essayons d’être drôle et de renverser les étiquettes plutôt que de les concrétiser. Je n’aime pas particulièrement les étiquettes…

    Entre Elles. Tu veux dire que tu ne dis pas toujours que tu es lesbienne ?

    E.J. Non… bien que je voie encore une utilité politique à ces étiquettes. C’est comme ça que nous avons une conversation. En fait, j’emploie différentes étiquettes selon la personne à qui je m’adresse et je crois que nous agissons tous ainsi dans une certaine mesure.

    C’est aussi le cas quand je m’adresse aux enfants. Ma copine a trouvé des termes spéciaux (elle va probablement me tuer que je t’en parle) : au lieu de dire lesbienne, elle dit mebian et youbian, et j’aime dire ça aussi parce que je tiens à faire passer le message sur l’étiquetage. Je ne me présente pas en disant : « Salut! Je suis lesbienne. » Ce n’est pas l’essence de qui je suis.

    Entre Elles. L’orientation sexuelle n’est pas nécessairement quelque chose de visible, il est donc toujours un peu bizarre de devoir négocier le moment pour en parler à quelqu’un qui l’ignore…

    E.J. Oui, c’est différent de la couleur de peau ou du sexe pour cette raison. Ça doit être nommé, c’est difficile. Néanmoins, une partie de moi craint que ce qui me pousse à dire que « nous n’aimons pas les étiquettes » soit en fait une production d’une phobie intériorisée, de ne pas devoir employer ces étiquettes parce que nous en avons encore peur et parce que nous avons eu des histories ou rencontres désagréables.

    Entre Elles. Tu as grandi dans une communauté rurale d’environ 5.000 personnes. Est-ce que cela a nourri ces peurs ?

    E.J. Non, parce que je n’étais pas sortie du placard, je ne me l’étais même pas avoué à moi-même. Mais, à ce que je sache, aucun habitant dans mon village ne l’a fait non plus et je ne crois pas que personne ne soit gai. Néanmoins, les mentalités vis-à-vis les GLBTQ changent partout dans le pays, pour le mieux. Enfin, j’espère.

    Crédits photo : document remis.

    À lire également :

    0 commentaire

    Soyez le premier à donner votre avis sur cet article en utilisant le formulaire ci-dessous :

    Articles les + lus

    1. Ariane Moffatt au grand jour
    2. Des activités les 16 et 17 mai pour la Journée internationale contre l’homophobie
    3. Les coupes de cheveux lesbiennes: une manière de s’identifier
    4. Que faire cette semaine? Écoutez le folk trash de Zara Ahmed, dansez dans une ancienne piscine et hurlez vous aussi que «la vie c’est d’la maaaaarde»
    5. Que faire cette semaine? Dansez contre l’homophobie, contre le gouvernement, ou dansez tout court.
    6. Beth Ditto annonce son mariage
    7. Des trans maltraités par le personnel de la santé
    8. Ariane Moffatt lance le clip In Your Body
    9. Ariane Moffatt chante contre le gouvernement
    10. Le travail de la photographe sud-africaine Zanele Muholi volé dans son appartement

    En direct sur Twitter

    Derniers articles

    1. Ariane Moffatt chante contre le gouvernement
    2. Que faire cette semaine? Dansez contre l’homophobie, contre le gouvernement, ou dansez tout court.
    3. Ariane Moffatt lance le clip In Your Body
    4. Le travail de la photographe sud-africaine Zanele Muholi volé dans son appartement
    5. Des activités les 16 et 17 mai pour la Journée internationale contre l’homophobie
    6. Vidéo – Albanie : des cyclistes gais contre les homophobes
    7. Des trans maltraités par le personnel de la santé
    8. Que faire cette semaine? Écoutez le folk trash de Zara Ahmed, dansez dans une ancienne piscine et hurlez vous aussi que «la vie c’est d’la maaaaarde»
    9. Barack Obama dit oui au mariage gai
    10. Beth Ditto annonce son mariage

    Rejoignez-nous !

    Archives PDF

    Retrouvez également les éditions imprimées de notre revue, au format PDF :