L’hôtel Gladstone : magnifiquement queer
Pendant des années, l’hôtel Gladstone, magnifique monument architectural de style victorien, a été laissé à l’abandon à Toronto, se détériorant lentement aux côtés des lave-autos décrépits du West End, quartier plutôt douteux à l’époque. Or, les rénovations dont a bénéficié ce bâtiment, vieux de 120 ans, ont mené à la revitalisation de tout le quartier. Le vaste espace industriel désuet qu’était le West End est devenu un lieu de rencontre branché, témoin d’une effervescence créative. Toutefois, plusieurs grands hôtels du même type – dont l’Empress Hotel – n’ont pas eu cette chance. Et si ce n’avait été de Christina Zeidler, le Gladstone aurait lui aussi été réduit en poussière.

Cinéaste primée et ouvertement queer, Christina avoue qu’elle n’avait pas prévu devenir propriétaire du Gladstone ; en fait, elle prétend être devenue hôtelière « par accident ». En 2003, sa famille a acheté la propriété et elle s’est tout de suite sentie inspirée par le potentiel des lieux. « Chaque ville a un vieil hôtel comme ça, qu’on regarde en se disant, “si seulement je pouvais mettre la main dessus, j’en ferais quelque chose de tellement cool”, évoque-t-elle. Mon souhait s’est donc réalisé et j’ai eu la chance de rénover cet endroit ».
Et même s’il a longtemps été laissé à l’abandon, le Gladstone jouit, encore aujourd’hui, d’une grande beauté architecturale. On pense entre autres à son ascenseur opéré à la main, l’un des deux seuls qui subsistent à Toronto. Tout en respectant ces vestiges, Zeidler a ajouté une touche nouvelle en invitant 37 artistes locaux à redorer chaque chambre de l’hôtel. Finalement, en 2005, le Gladstone a rouvert ses portes, au grand bonheur de tous. Depuis, il est devenu un pilier de la revitalisation du West End, tout comme son voisin le Drake Hotel.

Toutefois, alors que le Drake a choisi d’être le lieu par excellence de l’intelligentsia artistique qui se pavane, le Gladstone maintient une orientation communautaire. L’hôtel est même devenu un lieu de rencontre central pour la communauté queer du West End. On y organise souvent des événements qui vont des Granny Boots – un cabaret de prestations queers – jusqu’à des manifestations artistiques, comme l’exposition That’s so Gay de Sholem Krishtalka, à l’occasion de la Fierté 2011. L’endroit est aussi populaire pour les réceptions de mariage de couples de même sexe.
Au centre de la communauté queer
Voisin du Beaver — ce populaire restaurant-bar queer — et du Hen House — bar lesbien reconnu à Toronto —, l’hôtel Gladstone est au centre de la communauté du West End. Outre la propriétaire, plusieurs employés de l’hôtel sont aussi queers, incluant le directeur artistique de l’endroit, Jeremy Vandermeij, et la barmaid et officieuse « mairesse » de Queer West, la très sympathique et sociable Sandy De Almeida.
Jeremy décrit la scène queer de Queen West, ainsi que le Gladstone, comme « une communauté de gens créatifs qui ont souvent des opinions politiques, des croyances, des identités de genre et des sexualités très diverses ». Tous deux offrent une expérience unique aux résidents et aux touristes. Et, comme l’affirme Christina : « Ici, c’est gai pour vrai. On ne favorise pas seulement une politique d’acceptation, on propose une vraie diversité, les employés peuvent vivre leur homosexualité ouvertement s’ils en ont envie et interagir de manière tout à fait authentique avec les clients ».

Pour ceux qui voudraient visiter l’hôtel Gladstone, notons que le Melody Bar est en rénovation cet été. Des événements peuvent donc être annulés ou avoir lieu sans préavis. Toutefois, Vandermeij affirme que si les travaux se déroulent bien, le bar devrait rouvrir complètement en septembre, présentant alors une foule d’activités queers.
Hôtel Gladstone
1214 Queen Street West, Toronto
416.531.4635
www.gladstonehotel.com
Août 2011 (6.5 Mo)
Octobre 2011 (5.3 Mo)
Décembre 2011 (5.4 Mo)
Février 2012 (7.7 Mo)
Avril 2012 (10.4 Mo)
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